19 mai 2008
Contre-enquête
(France, sorti en 2007)
Réalisateur : Franck Mancuso
Genre : Policier
Résumé : Alors qu'il passe le week-end avec sa fille, un officier de police doit s'absenter quelques heures pour raison professionnelle. A son retour, il découvre que sa fille a été enlevée puis assassinée. L'enquête permet d'identifier un coupable présumé qui est condamné et emprisonné en dépit du manque de preuve. Quelques temps plus tard, ce dernier commence à écrire des lettres au policier dans lesquelles il proclame son innocence. Des éléments nouveaux dans une autre affaire vont jeter le trouble et convaincre l'inspecteur de rouvrir officieusement l'enquête malgré l'hostilité de ses collègues et de sa hiérarchie.
Impressions : Nonobstant quelques faiblesses formelles, "Contre-enquête" est un polar psychologique sombre et convaincant.
Scénario : Le film bénéficie d'un excellent scénario qui réserve son lot de surprises, surfant sur l'actualité criminelle pour brouiller habilement les pistes.
Personnages : Le personnage du policier, rongé par l'obsession et la culpabilité, est digne d'intérêt.
Interprétation : "Contre-enquête" est une nouvelle occasion d'admirer le talent et la singulière présence de Laurent Lucas (l'un des trop rares acteurs de genre dans le cinéma français) dans un rôle ambivalent et inquiétant.
Mise en scène : Dans l'ensemble, la mise en scène est malheureusement assez plate et la direction d'acteurs est perfectible.
Note subjective : 6 / 10
Alien, la résurrection
(Etats-Unis, sorti en 1997)
Réalisateur : Jean-Pierre Jeunet
Genre : Science fiction
Résumé : Deux siècles ont passé. Un laboratoire militaire spatial est parvenu à ressusciter l'alien par clonage et manipulation génétique. Les scientifiques se livrent alors à une série d'expériences sur les différents spécimens de créatures ainsi obtenus mais ceux-ci se montrent rétifs au dressage et allergiques à la détention. Quand ils parviennent à s'évader, la panique et la mort commencent à se répandre à bord du vaisseau.
Impressions : Après la disparition de la principale protagoniste dans le 3ème volet, il était périlleux de se lancer dans un quatrième épisode. "Alien, la résurrection" est pourtant une vraie réussite qui parvient à donner un nouveau souffle à l'héroïne tout en respectant les acquis de la mythologie. Réservant quelques moments émotionnellement très forts, c'est aussi le film le plus engagé de la série, dénonçant très clairement et de manière percutante les dangers de la science sans conscience.
Scénario : L'histoire se déroule de manière linéaire, rythmée par d'excellentes séquences comme l'évasion des aliens, la découverte du labo de génétique et de ses monstres, ou la traversée de la cuisine sous les eaux. La fin, tout à la fois grand-guignolesque, terrifiante et poignante est une véritable avalanche d’émotions.
Personnages : Le renouveau du personnage de Ripley, ressuscité par clonage et manipulation génétique, est très intéressant.
Considérations artistiques : Le film offre une vision fantastique saisissante, digne de l'univers graphique de HR Giger (le designer de la créature), lorsque Ripley tombe et disparaît dans une "soupe" d’aliens. La bande originale est excellente, une fois encore.
Mise en scène : La mise en scène et la direction d'acteurs pêchent parfois par excès sur certains détails qui peuvent sembler irréalistes voire incongrus (Mais peut-on en vouloir à Jean-Pierre Jeunet d'imprimer sa patte au film ?). Nonobstant, "Alien, la résurrection" offre indiscutablement les meilleurs dialogues et répliques de l'ensemble de la série.
Références cinématographiques : Faisant suite à "Alien" de Ridley Scott, "Aliens" de James Cameron et "Alien 3" de David Fincher, ce 4ème volet conclut en beauté une tétralogie exceptionnelle à plus d'un titre, chaque cinéaste ayant su innover et affirmer son propre style tout en construisant l'une des mythologies les plus marquantes de l'histoire du cinéma qui a valu au mot "alien" d'être passé dans le langage courant.
Note subjective : 8 / 10
Alien 3
(Etats-Unis, sorti en 1992)
Réalisateur : David Fincher
Genre : Science fiction
Résumé : Les quelques survivants de la seconde confrontation avec l'espèce alien ont pris le chemin du retour à bord d'un vaisseau. Ce dernier connaît une avarie et s'écrase sur une colonie minière reconvertie en pénitencier. Ripley n'est pas la seule survivante du crash : un alien s'est échappé et se cache dans les systèmes de maintenance du pénitencier. En attendant les secours, les détenus organisent leur défense sans arme contre la créature menaçante.
Impressions : "Alien 3" se distingue des deux premiers volets ("Alien" de Ridley Scott et "Aliens" de James Cameron) par son rythme attentiste et par son atmosphère glauque et claustrophobe. Sans beaucoup enrichir la mythologie de la créature, le film reprend néanmoins le fil conducteur de la série en faisant valoir que l'ennemi le plus inquiétant n'est pas celui de l'intérieur dont on connaît les intentions prédatrices, mais celui qui vient de l'extérieur et dont les véritables intentions sont ambiguës.
Personnages : Les personnages sont très singuliers, formant une communauté carcérale masculine empreinte de fanatisme religieux et de fatalisme, ayant une piètre opinion d'elle-même jusqu'à accepter le sacrifice de l'individu au bénéficie de la collectivité. L'évolution psychologique et physique de Ripley, brisée par la perte successive de toutes ses attaches sentimentales, est également intéressante.
Considérations artistiques : Les décors industriels délabrés renforcent l'ambiance du film. Comme dans les volets précédents, la bande originale est une réussite.
Mise en scène : La mise en scène est trop centrée sur la singularité de ses personnages et pas suffisamment sur le suspense et l'action.
Références cinématographiques : Le rythme, l'univers et l'atmosphère évoquent énormément "Outland" de Peter Hyams (univers claustrophobe et masculin, attente d'un vaisseau qui s'annonce comme une sentence...) lui-même très inspiré par "Le train sifflera trois fois" de Fred Zinnemann. Bien qu'il semblait mettre un point final à la série, "Alien 3" sera suivi de "Alien, la résurrection" de Jean-Pierre Jeunet. Autre article concernant le même cinéaste : "Zodiac".
Note subjective : 6 / 10
Aliens
(Grande-Bretagne, sorti en 1986)
Réalisateur : James Cameron
Genre : Science fiction
Résumé : Après avoir erré en sommeil artificiel pendant plusieurs décennies à bord d'une navette, la seule rescapée du cargo spatial Nostromo est recueillie sur une station orbitale. Elle apprend avec épouvante qu'une colonie humaine s'est installée sur la planète où le Nostromo avait recueilli la redoutable créature qui provoqua l'anéantissement de l'équipage et conduisit le cargo à sa perte. Comme la colonie ne répond plus, elle accepte d'accompagner le commando militaire qui se rend au secours des colons, en dépit de sa peur et de ses réticences.
Impressions : Bien que radicalement différent de son prédécesseur ("Alien" de Ridley Scott) dans son rythme et sa narration, "Aliens" est un divertissement de haute volée qui se montre à la hauteur de son modèle, dénonçant les dangers d'une société et d'une science soumise aux seuls intérêts financiers (qui est le pire des prédateurs dans cette histoire ?), et enrichissant la mythologie de l'alien (les mœurs, le cycle de vie, la reproduction,...).
Personnages : L'une des grandes originalités de ce second volet réside dans l'introduction d'une héroïne féminine dans un vrai rôle d'action, idée qui n'est pas que cosmétique puisque l'instinct maternel prend une place prépondérante dans le déroulement des événements (y compris du côté des aliens). James Cameron s'est efforcé de rendre la plupart des personnages intéressants (même ceux relevant d'archétypes), reléguant la créature au second plan.
Considérations artistiques : A quelques exceptions près, les effets spéciaux restent excellents, en particulier ceux qui mettent en scène les créatures. La remarquable partition musicale de James Horner constitue quant à elle une référence du genre.
Mise en scène : La mise en scène est très efficace et contribue à soutenir la tension jusqu'au terme du film. Si l'action reste le maître mot, James Cameron sait dramatiser l'intrigue afin de créer et d'entretenir une vraie charge émotionnelle qui tient en haleine en soutenant l'action.
Références cinématographiques : Dans la filmographie de James Cameron "Aliens" figure en bonne place parmi les films qui consacrent le cinéaste comme l'un des plus grands maîtres du cinéma d'action. Le réalisateur reprendra l'idée de l'héroïne féminine musclée dans "Terminator 2" avec le même succès. "Aliens" quant à lui connaîtra deux suites réalisées par deux cinéastes différents : "Alien 3" de David Fincher et "Alien, la résurrection" de Jean-Pierre Jeunet. Autre article concernant le même cinéaste : "Abyss".
Note subjective : 9 / 10
Alien
(Grande-Bretagne, sorti en 1979)
Réalisateur : Ridley Scott
Genre : Science fiction
Résumé : Alors que le cargo spatial Nostromo se dirige vers la Terre, l'équipage est réveillé de son sommeil artificiel par l'ordinateur de bord qui a détecté la présence d'une intelligence inconnue sur un petit planétoïde réputé désert. L'équipe d'exploration y découvre l'épave d'un vaisseau extra-terrestre dont les cales sont remplies d’œufs à l'aspect étrange. L'un des explorateurs est attaqué par une créature surgie de l'un d'eux et doit être rapatrié d'urgence sur le cargo. Mais une fois à bord, la créature prend la fuite et l'équipage entreprend de la traquer.
Impressions : "Alien" se caractérise par son ambiance angoissante et claustrophobe réussie (fort bien résumé par son célèbre sous-titre : "dans l'espace, personne ne vous entend crier"), mais également par une identité visuelle forte qui marqua en son temps un véritable renouveau du cinéma de science fiction dans sa version "space opéra". Sur le fond, la question posée par le film n'est pas tant de savoir qui est l'alien, mais qui est le prédateur, question qui ne cessera d'être cultivée dans les différents épisodes de la saga.
Personnages : La créature - l'alien - constitue probablement le personnage le plus emblématique de ce premier volet (elle sera par la suite supplantée par le personnage de Ripley), à tel point qu'elle fascine toujours et constitue une référence absolue du cinéma fantastique (la banalisation du terme "alien" n'en est-il pas le meilleur indice ?).
Considérations artistiques : L'épave du vaisseau extra-terrestre et le gigantesque cargo spatial constituent des décors fabuleux aux détails très soignés et à l'importance primordiale. La musique accompagne à la perfection le rythme et l'ambiance du film.
Mise en scène : Sur tous les plans, la mise en scène est perfectionniste sans jamais se montrer sophistiquée. Le sens du détail de Ridley Scott ne semble jamais vain mais au contraire voué à l'ambiance du film, tout comme le rythme lent et contemplatif qui caractérise la narration.
Références cinématographiques : Le rythme et le soucis du détail réaliste rapprochent davantage "Alien" d'un film comme "2001, l'odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick que de "La guerre des étoiles" de Georges Lucas. La saga "Alien" connaîtra trois autres épisodes : "Aliens" de James Cameron, "Alien 3" de David Fincher et "Alien, la résurrection" de Jean-Pierre Jeunet.
Note subjective : 9 / 10
14 mai 2008
Chasseurs de dragons
(France, sorti en 2008)
Réalisateur : Arthur Qwak et Guillaume Ivernel
Genre : Animation
Résumé : Deux aventuriers sans le sou acceptent de se rendre au bout du monde pour affronter un dragon légendaire et craint de tous en échange d'un tas d'or. Une petite fille qui a le goût des exploits et de l'aventure décide de les accompagner à l'insu de son oncle, le commanditaire de l'expédition.
Impressions : Techniquement et artistiquement, "Chasseurs de dragons" n'a rien à envier à l'animation 3D américaine, offrant même un univers original et improbable où l'austérité gothique baigne dans une poésie enchanteresse. Divertissement très plaisant dans l'ensemble, il lui manque juste cette étincelle narrative qui aurait pu en faire l'un des grands films du genre.
Scénario : Le scénario est linéaire et un peu léger se traduisant par une durée un peu trop courte pour favoriser l'immersion.
Personnages : A une exception près, les personnages sont réussis et attachants.
Considérations artistiques : La grande réussite artistique du film réside sans conteste dans le design de ses décors qui lui confèrent un vrai souffle épique. La bande originale est excellente et très prenante.
Références cinématographiques : Si l’on veut se livrer au jeu des comparaisons, "Chasseurs de dragons" se situe quelque part à la croisée des univers de Hayao Miyazaki et de Walt Disney.
Note subjective : 6 / 10
09 mai 2008
Iron man
(Etats-Unis, sorti en 2008)
Réalisateur : Jon Favreau
Genre : Science fiction
Résumé : Un richissime ingénieur et industriel de l’armement est enlevé par un groupe terroriste alors qu’il effectuait la démonstration d’un missile en Afghanistan. Il parvient à leur échapper en concevant et fabriquant une armure volante pendant sa détention. De retour aux Etats-Unis il décide de stopper ses activités de marchand d’armes, au grand désarroi d’une partie de son entourage, et entreprend de travailler sur une version améliorée de son armure volante dans un but pacifique et humanitaire.
Impressions : Si on le compare à tous ceux qui l’ont précédé, "Iron man" est un film de super-héros véritablement singulier. C’est néanmoins une vraie réussite et peut être le meilleur film du genre depuis "Spiderman 2" de Sam Raimi. Cerise sur le gâteau : l’humour est omniprésent, sans que jamais le film ne verse dans la farce.
Scénario : La genèse de l’armure et du personnage d’Iron Man occupent la plus grande partie du film, l’action restant un peu en retrait. Cet aspect de l’histoire est abordé avec un soin rarement vu dans le genre et s’avère passionnant à tous les points de vue.
Personnages : Là encore le film se démarque par un personnage aux antipodes du super-héros habituel : un play-boy surdoué, capricieux et sûr de lui, l’anti Bruce Wayne par excellence. Même son revirement psychologique (son âme s’humanise à mesure qu’il bâtit sa carapace de technologie et de métal : tout un symbole !) ne parvient pas à entamer le côté fantasque et imprévisible du personnage.
Interprétation : Robert Downey Jr et Jeff Bridges sont tous les deux excellents et sont pour beaucoup dans l’intérêt du film.
Références cinématographiques : Très proche de "Batman" (de Tim Burton) dans son concept (le héros est un milliardaire et il ne doit sa force qu’à une technologie d’avant-garde et non à quelque super-pouvoir), "Iron man" a su s’en démarquer intelligemment par une approche originale.
Note subjective : 7 / 10
28 avril 2008
Le pacte des loups
(France, sorti en 2001)
Réalisateur : Christophe Gans
Genre : Thriller fantastico-historique
Résumé : Un chevalier naturaliste est dépêché par le roi en Gevaudan où sévit une bête sauvage qui ensanglante le pays. Accompagné d'un chasseur amérindien avec lequel il s'est lié d'amitié, il est chargé d'empailler l'animal une fois son élimination assurée par les troupes royales. Mais la traque s'avère bien plus étrange et difficile que prévu...
Impressions : L'un des principaux mérite de "Le pacte des loups" est d'être parvenu à composer avec une multiplicité de genres (historique, fantastique, thriller, arts martiaux) tout en conservant une belle cohérence. L'ambiance de la traque, mélange de crainte, de mystère et d'excitation, entretient l'intérêt de manière constante.
Scénario : Les péripéties ne manquent pas et le film parvient à brouiller les pistes, maintenant un certain suspense jusqu'à l'orée de sa conclusion. Néanmoins, le scénario n'est pas totalement convaincant, ladite conclusion étant un peu tirée par les cheveux et par là décevante.
Interprétation : L'interprétation est assez inégale.
Considérations artistiques : La photographie est magnifique et donne lieu à nombre de séquences superbes aux couleurs contrastées. Les décors et costumes sont élaborés et variés, possédant une identité esthétique forte, entre fantaisie (évoquant parfois la bande dessinée) et authenticité. La chorégraphie des combats est particulièrement soignée et la caméra fait honneur à la prestation physique toute en finesse de Marc Dacascos.
Références cinématographiques : Après un "Crying freeman" moyennement convaincant mais prometteur, Christophe Gans a réalisé avec "Le pacte des loups" l'un des meilleurs films de genre que le cinéma français ait produit. Autre(s) article(s) concernant le même cinéaste : "Silent hill".
Note subjective : 7 / 10
Shoot'em up
(Etats-Unis, sorti en 2007)
Réalisateur : Michael Davis II
Genre : Action
Résumé : Témoin d'une tentative d'assassinat contre une jeune femme enceinte, un marginal s'interpose et se retrouve malgré lui avec un nouveau né sur les bras. Il devient vite la cible d'une organisation criminelle prête à tout pour l'éliminer.
Impressions : Un film d'action "pop-corn" survolté, aux gunfights assez fun mais radicalement irréalistes.
Scénario : Le scénario, mal ficelé, n'est qu'un prétexte, comme c'est souvent le cas dans l'univers vidéoludique dont s'est inspiré à l'évidence le réalisateur. La preuve en est que le film glorifie volontairement ou involontairement dans la forme ce qu'il prétend dénoncer dans le fond, c'est à dire la vente libre, la prolifération et l'usage intensif des armes à feu.
Considérations artistiques : Sans révolutionner le genre, les gunfights et les cascades confèrent à l'action non-stop un caractère ludique parfois plaisant.
Mise en scène : Dans la forme, un certain détachement humoristique rend l'entreprise sinon sympathique du moins acceptable.
Références cinématographiques : Laissant au final une impression assez semblable à "Hyper tension" de Marc Neveldine, "Shoot'em up" évoque sur le plan formel le cinéma de John Woo dans ce qu'il a d'excessif.
Note subjective : 4 / 10
21 avril 2008
Raisons d'état
(Etats-Unis, sorti en 2007)
Réalisateur : Robert de Niro
Genre : Chronique dramatique
Résumé : Fruit d'une certaine élite de la nation américaine, un jeune et brillant étudiant accepte de servir son pays en intégrant les services américains de contre-espionnage basés à Londres pendant la seconde guerre mondiale. Après la guerre, il est sollicité pour fonder la CIA dont la mission est de contrecarrer l'influence du communisme dans le monde et en devient l'un des piliers. Des années plus tard, après l'échec cuisant du débarquement américain dans la Baie des Cochons, qui visait à déstabiliser la toute jeune révolution cubaine, il se retrouve sur la sellette et doit de toute urgence découvrir l'origine interne des fuites qui ont conduit au désastre.
Impressions : Un peu à la manière d'un roman de John Le Carré, "Raison d'état" porte un regard réaliste et dénoué de romantisme sur l'univers de l'espionnage qui corrompt la personnalité, gomme toute humanité et détruit les relations sociales. Au passage, il brosse le portrait d'une société américaine élitiste et impérialiste qui n'a d'égard que pour ses propres intérêts.
Scénario : Brassant plusieurs décennies, le scénario évoque le contexte social, international et politique qui a présidé à la constitution de la CIA, avec en perspective le destin personnel et familial d'un homme entièrement dévoué à sa fonction. Les deux aspects, public et privé, de l'histoire s'imbriquent très bien ensemble.
Interprétation : Si la distribution des seconds rôles ne mérite aucun reproche, c'est un peu moins vrai en ce qui concerne les premiers rôles, avec notamment un Matt Damon qui n'est pas toujours parfaitement crédible en fonctionnaire impitoyable et taciturne.
Mise en scène : Le montage est assez élaboré, alternant des séquences qui se déroulent à différentes époques et en différents lieux. Cependant le scénario reste à tout moment parfaitement lisible grâce un rythme posé et à une narration bien maîtrisée.
Références cinématographiques : Après une première œuvre plus personnelle ("Il était une fois le Bronx") qui était déjà une réussite, Robert de Niro confirme un vrai talent de cinéaste en maîtrisant avec succès un sujet très ambitieux.
Note subjective : 7 / 10
