30 juin 2008
Planète terreur
(Etats-Unis, sorti en 2007)
Réalisateur : Robert Rodriguez
Genre : Parodie de série Z
Résumé : Un commando de mercenaires prend possession d'une base militaire où un scientifique tente de mettre au point un agent biochimique qui améliore les capacités humaines, entraînant malheureusement une accoutumance et de fâcheux effets secondaires. Pendant l'attaque, un stock de ladite substance s'échappe dans l'atmosphère et contamine toute la région, transformant la population en zombies ivres de sang.
Impressions : Nonobstant quelques idées ou personnages assez fun, "Planète terreur" s'avère pauvre et lassant sur la durée car misant tout sur une ambiance potache, déjantée, excessivement gore et sans imagination.
Personnages : Les personnages sont très pittoresques, dans un esprit très "BD" qui passe cependant mieux dans un film comme "Sin City" du même Robert Rodriguez que sous cette forme.
Mise en scène : Le film est précédé d'une fausse bande annonce assez sympa qui met le doigt là où ça fait mal, car à vrai dire les idées délirantes du film ne valaient elles-mêmes pas plus qu'une bande annonce. Si la pellicule a subit un traitement visuel rétro en hommage à un certain cinéma de série Z, la mise en scène, beaucoup trop actuelle, ne suit malheureusement pas cette logique cosmétique.
Références cinématographiques : Relevant d'une démarche commune, "Planète terreur" s'avère sensiblement moins convaincant que "Boulevard de la Mort" de Quentin Tarantino.
Note subjective : 4 / 10
La planète bleue
(Etats-Unis, sorti en 2004)
Réalisateur : Alastair Fothergill, Andy Byatt
Genre : Documentaire
Impressions : Servi par des images d'une beauté époustouflante, confinant parfois à la magie, "La planète bleue" est la confirmation flagrante que l'inventivité de la nature est sans limite, dépassant de loin la créativité humaine. On a rarement vu de plus belles images, que ce soit sur petit ou grand écran.
Considérations artistiques : Même si cela ne nuit nullement au spectacle, on peut regretter que la musique "hollywoodienne" soit parfois un peu trop présente.
Mise en scène : Le réalisateur a pris le parti de laisser parler les images avec une scénarisation et un commentaire réduits au minimum. La qualité artistique des cadrages est particulièrement étonnante, à ce point que l'on en oublie complètement le défi technique qu'ils représentent.
Références cinématographiques : Par son approche, "La planète bleue" s'inscrit à mi-chemin entre "Microcosmos" de Claude Nuridsany et Marie Pérennou et "La marche de l'empereur" de Luc Jacquet. Certaines images font penser à "Abyss" de James Cameron, même si la réalité surpasse allègrement la fiction.
Note subjective : 8 / 10
23 juin 2008
Red road
(Grande-Bretagne, sorti en 2006)
Réalisateur : Andrea Arnold
Genre : Suspense psychologique
Résumé : Une jeune femme qui travaille pour une société de vidéo-surveillance des rues de Glasgow reconnaît sur ses écrans la silhouette d'un homme qu'elle croyait en prison. Elle apprend que ce dernier, responsable d'un drame personnel qui a brisé sa vie, a bénéficié d'une mesure de libération conditionnelle. Usant des moyens techniques à sa disposition, elle entreprend alors de surveiller ses moindres faits et gestes, persuadée qu'il ne peut que commettre un nouvel écart.
Impressions : "Red road" est un film dur et subtil sur le deuil. En dépit d'un scénario qui peut paraître classique à la base, c'est une œuvre austère, adulte, crue et étonnante dans la forme, évitant les clichés du cinéma de pur divertissement et portant un regard à la fois sombre et optimiste sur la nature humaine.
Scénario : Sans sacrifier le fond à la forme, le scénario propose néanmoins un vrai suspense, digne d'un très bon thriller.
Interprétation : L'interprétation est à tout point de vue d'une très grande justesse.
Considérations artistiques : L'histoire prend place dans le décor et l'ambiance sociale d'une banlieue désœuvrée. Ce réalisme n'empêche pas le film de bénéficier d'une belle photographie.
Références cinématographiques : Par sa thématique et sa narration, "Red road" rappelle "Je vais bien ne t'en fais pas" de Philippe Lioret. Par son ambiance et le milieu qu'il décrit, il s'inscrit dans la lignée du cinéma réaliste et social britannique de ces dernières années.
Critiques et récompenses : "Red road" a reçu le prix du jury au festival de Cannes 2006.
Note subjective : 7 / 10
PTU - Police Tactical Unit
(Hong-Kong, sorti en 2005)
Réalisateur : Johnnie To
Genre : Policier
Résumé : Alors qu'il sort d'un restaurant, un policier de Hong-Kong se fait agresser et dérober son arme de service par une bande de voyous. Peu après dans la même soirée, le chef de la bande est assassiné. La rumeur court bientôt que son père, un chef de triade, est décidé à trouver le coupable et à l'abattre. Toute la nuit, les patrouilles de la police urbaine se retrouvent alors sur le qui-vive.
Impressions : "PTU" est un film singulier et envoûtant, caractérisé par un rythme lent, une ambiance nocturne originale et quelques touches d'humour discrètes. Véritablement poétique par instant, c'est l'un des films policiers les plus enthousiasmants qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années.
Scénario : L'histoire prend place dans les rues vides de Hong-Kong le temps d'une nuit. Le scénario, d'une grande précision, distille un suspense diffus sur fond de règlement de compte mafieux, de violences policières et de guerre des polices, avec en conclusion un rebondissement inattendu.
Considérations artistiques : Le travail sur la lumière est très soigné, avec une variété d'effets d'une scène à l'autre.
Mise en scène : La mise en scène, très stylisée mais d'une très grande fluidité, témoigne d'un à-propos et d'un talent rares. Chaque plan a été travaillé dans ses moindres détails et la qualité des cadrages est tout simplement exceptionnelle, voire parfois sublime (je n'exagère pas). Le résultat est d'autant plus remarquable que les conditions de tournage ont été elles-mêmes très singulières (les rues de Hong-Kong n'étant que rarement désertes, même la nuit, le tournage a duré près de trois ans par intermittence).
Références cinématographiques : Plus proche de l'univers de Kitano que de celui de John Woo, "PTU" est à ranger parmi les meilleures réalisations de Johnnie To au même titre que "Election 2" et "Exilés". Autre article concernant le même cinéaste : "Election 1".
Note subjective : 8 / 10
16 juin 2008
Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal
(Etats-Unis, sorti en 2008)
Réalisateur : Steven Spielberg
Genre : Aventures
Résumé : Le célèbre Dr Jones est appelé à la rescousse de l'un de ses éminents collègues qui a disparu alors qu'il s'apprêtait à ramener une étrange relique dans une cité mythique d'Amérique du sud. Alors qu’il marche dans les traces de son vieil ami, l’archéologue découvre que les soviétiques s’intéressent de près à ladite relique.
Impressions : Ressusciter le personnage d'Indiana Jones dans une 4ème aventure, 19 années après le 3ème volet, était une entreprise pour le moins audacieuse, défi que Steven Spielberg a relevé avec succès, signant un pur divertissement débarrassé de toute ambition superfétatoire. Le retour de l'archéologue est indéniablement réussi et les ficelles de l'aventure fonctionnent une fois encore, grâce à ce cocktail inimitable de jeu de piste, bagarres, poursuites échevelées, cascades ébouriffantes, menaces létales et décors inquiétants, assaisonné d'une bonne dose d'humour.
Scénario : Comme il se doit, le scénario est linéaire et improbable, assez proche de celui du premier volet dans sa construction. C'est un véritable hommage à la série B comme on l'aime qui joue sur la corde de la nostalgie et fait la part belle à une action trépidante. Les à-côtés politiques ou familiaux de l'aventure sont très superficiels et peu convaincants mais dans le feu de l'action on n'y prête guère attention.
Personnages : Toujours dans l'esprit "série B", les méchants du film, délicieusement caricaturaux, sont très plaisants avec au premier chef une scientifique soviétique incarnée par Cate Blanchett qui semble s'être beaucoup amusée à tenir le rôle. C'est avec le même plaisir que l'on retrouve le personnage d'Indiana Jones, certes marqués par les ans, mais toujours en verve, opiniâtre et plutôt en forme.
Références cinématographiques : Il est tentant de vouloir comparer cet "Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal" avec ses prédécesseurs ("Les aventuriers de l’arche perdue", "Indiana Jones et le temple maudit", "Indiana Jones et la dernière croisade" de Steven Spielberg). Sans parvenir à égaler le premier épisode, c'est probablement celui qui s'en rapproche le plus dans l'esprit et la manière. Autre article concernant le même cinéaste : "Munich".
Note subjective : 7 / 10
