CinEdito

Critiques de films. Le cinéma que j'aime... ou non.

29 février 2008

Bienvenue chez les ch'tis

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(France, sorti en 2008)

Réalisateur : Dany Boon

Genre : Comédie

Résumé : Sous le coup d’une sanction disciplinaire, un cadre de La Poste en fonction à Salon de Provence est muté à Bergues dans le département du Nord, objet des fantasmes météorologiques, sociaux et linguistiques les plus cauchemardesques, lesquels se dissiperont dans la bonne humeur au contact accueillant, joyeux et chaleureux des indigènes.

Impressions : L’humour de Dany Boon ne verse jamais dans la vulgarité ou le cynisme et l’on rit beaucoup et franchement (ce qui n’est pas souvent le cas avec les comédies hexagonales), certaines séquences versant dans le burlesque le plus jubilatoire. Le cinéaste tourne en dérision les clichés et les préjugés mais ne cède pas pour autant à un chauvinisme exacerbé, démystifiant avec humour les spécificités et travers régionaux.

Scénario : Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la comédie ne connaît pas de baisse de rythme et renouvelle ses ressorts comiques jusqu’à son terme. Les ficelles de la comédie ne sont pas toutes originales et toutes ne font pas mouche mais ne boudons pas notre plaisir…

Interprétation : Les acteurs sont épatants pour la plupart, y compris les seconds rôles et les figurants.

Références cinématographiques : Avec "Bienvenue chez les ch’tis", Dany Boon signe une vraie comédie de cinéma, contrairement à ce qui se passe souvent quand un humoriste de la scène ou de la télévision essaye de retranscrire son univers sur grand écran.

Note subjective : 8 / 10

Posté par CinEdito à 21:44 - 08/10 (excellent) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


25 février 2008

Cloverfield

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(Etats-Unis, sorti en 2008)

Réalisateur : Matt Reeves

Genre : Fantastique

Résumé : Alors qu'une bande d'amis organise une fête d'adieu pour l'un des siens, l'impensable se produit : une créature titanesque sortie de nulle part apparaît au cœur de Manhattan semant la destruction, le chaos et la terreur. S'engage alors, caméra vidéo à l’épaule, une fuite éperdue pour la survie.

Impressions : Film de monstre à l'état brut, "Cloverfield" est à l’évidence symptomatique du traumatisme laissé par les attentats du 11 septembre 2001 aussi bien dans le fond que dans la forme. De nombreuses scènes sont très impressionnantes et fortement immersives, et les réactions spontanées du cameraman aux événements incroyables qu’il filme viennent en renforcer le réalisme. Comme dans "Le projet blair witch", le film n’apporte aucune explication sur les événements et ne met en scène aucun héros ou sauveur, favorisant un climat véritablement angoissant.

Scénario : Le scénario est quasi inexistant et le film connaît quelques longueurs entre les séquences choc. L'ajout de créatures secondaires est totalement inutile est reste anecdotique.

Personnages : On ne s'émeut guère du sort des jeunes "wasp" new-yorkais pris dans la tourmente.

Considérations artistiques : Les effets spéciaux et leur intégration dans les décors sont excellents. Le design de la créature est très réussi et évoque l’univers des "grands anciens" de Lovecraft. Le travail sur le son est véritablement impressionnant et participe beaucoup à l’atmosphère angoissante du film.

Mise en scène : "Cloverfield" est filmé de manière quasi expérimentale entièrement en vue subjective, comme une vidéo prise au caméscope. Les images sont soit fixes, soit syncopées avec parfois des cadrages obliques, mais cela passe plutôt bien car ces choix ne semblent pas purement gratuits, contrairement à certaines productions récentes.

Références cinématographiques : Pour résumer, "Cloverfield" est un genre de "Godzilla" (de Roland Emmerich) filmé à la manière de "Le projet Blair Witch" (de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez), cauchemardesque comme "La guerre des mondes" (de Steven Spielberg), avec quelques séquences très inspirées de "28 semaines plus tard" (de Juan Carlos Fresnadillo).

Note subjective : 7 / 10

Posté par CinEdito à 22:11 - 07/10 (très bien) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2008

Zodiac

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(Etats-Unis, sorti en 2007)

Réalisateur : David Fincher

Genre : Drame criminel

Résumé : A la fin des années 60, un criminel en série surnommé Zodiac commence à faire parler de lui en envoyant des messages codés à la presse. Des années durant, en parallèle d'une enquête policière qui piétine puis s'enlise, un journaliste cherche à découvrir l'identité du tueur jusqu'à l'obsession.

Impressions : Plus qu'une banale histoire de serial killer, "Zodiac" est la chronique d'une enquête centrée sur ses personnages plutôt que sur l'intrigue criminelle elle-même. Film d’atmosphère sans grand défaut, le film n'est cependant jamais passionnant, probablement parce qu'il lui manque une vraie couleur émotionnelle.

Scénario : A mesure que le temps passe et que la légende du Zodiac traverse les époques, le scénario évoque les imbroglios d'une enquête complexe qui multiplie les rebondissements et les fausses pistes toutes convaincantes mais jamais concluantes, et rend habilement compte de la banalisation médiatique, de l’essoufflement des volontés et de la montée d'un conservatisme qui touche la plupart des personnages.

Personnages : La psychologie des personnages (enquêteurs, journalistes, suspects,...) est plutôt fouillée.

Considérations artistiques : La reconstitution des différentes époques (l'enquête s'étale sur de nombreuses années) est soignée.

Mise en scène : Bien qu'assez classique, la mise en scène est plutôt brillante.

Références cinématographiques : Sans être une véritable déception, "Zodiac" manque de personnalité et n'est clairement pas le film le plus intéressant du cinéaste. Il souffre de la comparaison avec l'excellent "Memories of murder" de Joon-ho Bong qui abordait lui aussi le thème du serial killer sous un angle original. Autre article concernant le même cinéaste : "Alien 3".

Note subjective : 6 / 10

Posté par CinEdito à 22:33 - 06/10 (bien) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 février 2008

Next

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(Etats-Unis, sorti en 2007)

Réalisateur : Lee Tamahori

Genre : Science Fiction

Résumé : Un illusionniste de cabaret possède le don de prédire l'avenir quelques minutes à l'avance, ce qui lui vaut parfois des ennuis avec ses contemporains. Alors qu'il vient enfin de rencontrer celle qu'il pense être l'amour de sa vie, le FBI tente de le convaincre de collaborer pour déjouer un attentat nucléaire majeur qui doit avoir lieu prochainement sur le territoire des Etats-Unis.

Impressions : Un film pétri de bonnes idées insuffisamment exploitées par un scénario trop paresseux.

Scénario : L'intrigue criminelle n'est pas à la hauteur des possibilités qu'offrait l'idée de départ et manque singulièrement de consistance. Le don de voyance du personnage principal, bien exploité par le scénario, donne lieu à une séquence d'action savoureuse et originale peu avant la fin du film. En revanche, la conclusion en queue de poisson (ouvrant vers une suite hypothétique) vient en partie gâcher la plutôt bonne impression laissée jusqu'alors.

Personnages : L'idée de mêler une véritable intrigue sentimentale à une histoire de chasse à l'homme trans-temporelle et de dramatiser l'ensemble est excellente et participe à humaniser le personnage principal.

Références cinématographiques : Sur le plan thématique, "Next" se situe quelque part entre "Minority Report" de Steven Spielberg et "Déja vu" de Tony Scott. Qualitativement, on sent que le réalisateur ne s'est guère passionné pour son sujet ou a été bridé par ses producteurs.

Note subjective : 5 / 10

Posté par CinEdito à 21:18 - 05/10 (distrayant) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 février 2008

L'étoffe des héros

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(Etats-Unis, sorti en 1984)

Réalisateur : Philip Kaufman

Genre : Comédie héroïque

Résumé : A compter de 1947, la base de Muroc Field en Californie devient le lieu de rassemblement des pilotes d'essai qui veulent franchir le mur du son et battre des records de vitesse ou d'altitude à bord de prototypes d'avions militaires top secret. L'existence y est ingrate et les échecs ou les exploits restent confidentiels car la presse est tenue à l'écart. Quand à la fin des années 50, les Etats-Unis décident de se lancer dans le très médiatique programme spatial Mercury visant à rattraper leur retard sur l'URSS et à envoyer un américain dans l'espace, plusieurs pilotes en quête de reconnaissance décident de tenter leur chance au côté d'une élite reconnue de la Navy ou de l'armée de l'air.

Impressions : Tour à tour fascinant, magnifique, drôle, héroïque, onirique, émouvant, amer ou mystique, "L'étoffe des héros" évoque une épopée humaine hors du commun, magnifiant le rôle de l'individu dans toute sa subjectivité, ses qualités, ses défauts et ses contradictions, et démystifiant une société américaine plombée par ses travers sociaux, raciaux, politiques, médiatiques et technocratiques. Il est très rare que le cinéma en offre autant en un seul film. un régal cinématographique.

Scénario : Les deux parties du film (l'épopée des pilotes d'essai battant des records de vitesse puis l'évocation de la conquête spatiale) sont complémentaires, contrastées et passionnantes.

Interprétation : Le film est porté par un casting exceptionnel qui incarne de manière convaincante des personnages intéressants car humains avant tout.

Considérations artistiques : Le film est émaillé de plans superbes et la reconstitution de l'époque est tout à fait convaincante. La bande originale, à défaut d'être exceptionnelle, est séduisante et entraînante.

Mise en scène : La caméra s'intéresse autant aux coulisses de l'exploit qu'à l'exploit lui-même et met en exergue les émotions positives ou négatives qu'il suscite avant, pendant et après les succès ou les échecs. Les scènes s'enchaînent sans temps mort et offrent des situations très variées de comédie, de drame ou de suspense, et les dialogues sont truffés de répliques mémorables. Le film bénéficie d'un excellent montage qui intègre à merveille des images d'archives (notamment les images illustrant les succès du côté russe)

Références cinématographiques : Sur les thèmes abordés de l'aviation et de la conquête spatiale, "L'étoffe des héros" est un film sans égal.

Note subjective : 10 / 10

Posté par CinEdito à 19:46 - 10/10 (chef d'oeuvre) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 février 2008

No country for old men

No_country_for_old_men___250Réalisateur : Joel & Ethan Coen
Genre : Film noir
Résumé : Alors qu'il chasse dans le désert, un type ordinaire découvre par hasard le théâtre d'un deal de drogue qui a mal tourné. Constatant qu'il n'y a aucun survivant, il s'empare d'une sacoche pleine de dollars et prend la fuite, bientôt poursuivi par un gang de mexicains et un tueur incontrôlable.

Ce qui caractérise le film
: Un film à l’atmosphère tendue, violent, sans concession, très noir et très efficace.

Note artistique : La mise en scène, débarrassée de toutes fioritures et assez proche d'un certain classicisme des années 70, est entièrement vouée à l'efficacité, la narration étant réduite au minimum au profit d'une action à la fois sobre et percutante.

Note filmographique : Même s'il n’est pas dénué de digressions ou de détails singuliers parfois teintés d'humour noir et grinçant, "No country for old men" est, me semble-t-il, l'un des films les plus dépouillés des frères Coen. Leur approche n’est pas sans me rappeler celle que Quentin Tarantino a adopté pour "Boulevard de la mort" dont l'ambiance est dans une certaine mesure comparable.

Points forts : Pendant les trois quarts du film, la tension est permanente et ne retombe jamais, les scènes à suspense se succédant sans temps mort. Le personnage du tueur psychopathe, incarné par Javier Bardem, est incroyable de présence et de détermination froide (imaginez un "Terminator" mégalomane et pervers…). Le scénario est sans concession et pousse le côté noir de l'intrigue jusqu'au bout de sa logique.

Points faibles : Le personnage du shérif, effrayé, désabusé et dépassé par l'incroyable violence des événements reste trop en marge de l'histoire et manque d'intérêt. Incarné par un Tommy Lee Jones au regard de cocker battu un peu trop appuyé, ce représentant de l’ordre à l’orée de la retraite est censé apporter un alibi "sociologique" (j’ose le terme !) au film, mais n'incarne en définitive qu'une Amérique piteusement recroquevillée sur les problèmes de violence qu’elle a elle-même engendrés.

Note subjective : 7 / 10

Posté par CinEdito à 21:56 - 07/10 (très bien) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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