CinEdito

Critiques de films. Le cinéma que j'aime... ou non.

29 octobre 2007

Rocky Balboa

Rocky_Balboa___250Réalisateur : Sylvester Stallone
Genre : Epopée nostalgique et chronique sociale
Résumé : Le jeune champion du monde des poids lourds ne parvenant plus à trouver d'adversaire à son niveau, ses managers émettent l'idée de l'opposer à une vieille gloire de la catégorie, Rocky Balboa, pour redorer son image dans les médias.

Ce qui caractérise le film : Un retour très réussi aux sources du mythe.

Note artistique : La mise en scène cultive la simplicité avec beaucoup de bonheur.

Note filmographique : C'est sans hésitation le "Rocky" le plus intéressant depuis le premier volet.

Points forts : Loin de seulement célébrer une légende, le scénario privilégie un "Rocky" populaire, téméraire, exemplaire et attachant qui reste fidèle à ses convictions, s'intéresse à autrui et s'efforce de cultiver un lien social fort avec ceux qui lui sont ou lui furent proches. Héroïque sur le ring (le combat final est superbe), Rocky Balboa est surtout le ciment d'une communauté de gens modestes, laissés pour compte d'une société qui privilégie la rentabilité et les faux semblants éphémères. Un film à l'anti-cynisme rafraîchissant.

Points faibles : Aucun.

Note subjective : 6 / 10

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Basic instinct 2

Basic_instinct_2___250Réalisateur : Michael Caton-Jones
Genre : Thriller
Résumé : Après un accident de la circulation qui a conduit au décès d'un automobiliste dans des circonstances suspectes, la justice impose une évaluation psychiatrique à la passagère rescapée afin de déterminer si son comportement fait courir un danger à autrui. D'entrée de jeu, la confrontation entre la patiente et le praticien prend l'allure d'un jeu de bluff et de séduction.

Ce qui caractérise le film : Une intrigue psycho-criminelle qui préserve sa part d'ombre, dans la droite ligne du premier volet mais d'une qualité très inégale.

Note artistique : Une réalisation très classique.

Note filmographique : Même si elle est inférieure à "Basic instinct" de Paul Verhoven, cette séquelle vaut tout de même un peu mieux que nombre de critiques que j'ai pu lire à son sujet.

Points forts : Comme dans le précédent, la réussite de ce "Basic instinct 2" ne réside pas tant dans son ambiance pseudo sulfureuse que dans sa volonté de conserver une grande part du mystère au delà même du dénouement (comme c'est rarement le cas dans le genre, il fallait le souligner). Mais c'est uniquement grâce à ce parti pris que le film reste distrayant.

Points faibles
: L'interprétation de Sharon Stone tient davantage de la caricature que de la comédie et son personnage perd beaucoup en crédibilité. La mise en scène manque de cohésion et l'on a davantage l'impression d'assister à une succession de scènes obligées qu'à un long métrage savamment construit.

Note subjective : 5 / 10

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Kaosu (Chaos)

Kaosu___250Réalisateur : Hideo Nakata
Genre : Thriller
Résumé : Une jeune femme embauche un homme à tout faire pour simuler son enlèvement afin de mettre à l'épreuve l'attachement de son époux. Mais l'affaire tourne mal quand l'homme découvre que la jeune femme a été assassinée sur le lieu de sa détention.

Ce qui caractérise le film : Une histoire de manipulation au dénouement plutôt original mais à l'ambiance un peu trop froide.

Note artistique : Le film se caractérise par une ambiance particulière flirtant avec le fantastique : des décors assez dépouillés aux couleurs ternes et le plus souvent vides de figurants.

Note filmographique
: La mise en scène de "Kaosu" préfigure celle de "Dark Water" du même réalisateur. Je le trouve néanmoins moins intéressant que ce dernier. Le scénario quant à lui évoque celui de "Vertigo" d'Alfred Hitchcock. A noter qu’un remake américain réalisé par Hideo Nakata lui-même est en préparation.

Points forts : La mise en scène est sobre, posée et hitchcockienne.

Points faibles : Le casting et l'interprétation ne sont pas extraordinaires et desservent l'ambiance du film.

Note subjective : 5 / 10

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26 octobre 2007

Bad times

Bad_times___250Réalisateur : David Ayer
Genre : Entre drame psychologique et film noir
Résumé : Après une expérience militaire qui lui a permis de s'illustrer mais l'a marqué psychologiquement, un jeune voyou décide d'entrer dans un corps de police prestigieux. Mais hélas son passé, sa violence et ses mauvaises habitudes le poursuivent, mettant ses chances en péril.

Ce qui caractérise le film : Le portrait âpre et sans concession d'un homme sans repère.

Note artistique : La mise en scène est classique mais efficace.

Note filmographique : Il s’agit d’un premier film, relativement prometteur même si ça n’est pas un coup d’éclat.

Points forts : Loin de tout romantisme, le film privilégie un réalisme amer. Christian Bale incarne avec talent et conviction un adulte immature inconscient des contradictions qui séparent ses rêves et ses pulsions. En filigrane, le film est une critique du système social américain qui place ses concitoyens sans emploi le dos au mur, même lorsqu’ils ont servi leur pays dans le cadre d’un conflit armé.

Points faibles : Hésitant entre deux genres, "Bad times" manque un peu de substance.

Note subjective : 5 / 10

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24 octobre 2007

L'ennemi intime

L_ennemi_intime___250Réalisateur : Florent Emilio Siri
Genre : Film de guerre
Résumé : En 1959, un jeune lieutenant idéaliste et engagé volontaire arrive dans un poste avancé de l’armée française dans les montagnes désertiques de Kabylie. Il prend le commandement d’une section chargée de mettre hors d’état de nuire un groupe de rebelles du FLN qui terrorise la région. Au fur et à mesure des opérations,  il réalise à quel point les méthodes des deux camps sont impitoyables.

Ce qui caractérise le film : Une vision réaliste et sans concession de la guerre d’Algérie.

Note artistique : Sur le plan formel, la mise en scène précise et efficace n’a rien à envier aux références américaines du genre. Florent Emilio Siri parvient à installer une ambiance visuelle et narrative singulière entre l’intime, le réalisme et le spectaculaire, au travers d’une reconstitution historique convaincante, d’une photographie très travaillée, d’excellents cadrages (entre parenthèses, il est appréciable et reposant de constater que réalisme n’est pas forcément synonyme de mouvements de caméras hystériques), d’effets spéciaux irréprochables et d’une bande son réussie. Les paysages montagneux et désertiques sont sobrement mais magnifiquement mis en image.

Note filmographique
: Après un efficace et prometteur "Nid de guêpes", Florent Emilio Siri avait déçu avec "Otage" un film d’action hollywoodien sans véritable caractère. Avec "L’ennemi intime" son cinéma progresse indéniablement en maturité, même s’il n’est pas encore convaincant sur tous les plans.

Points forts : S’agissant du comportement de l’armée française en Algérie, "L’ennemi intime" mets les pieds dans le plat sans chercher à épargner l’honneur national. Le combat est impitoyable et les deux camps rivalisent dans l’horreur, usant de tous les moyens moraux ou immoraux à leur disposition. La mise en scène parvient à rendre compte du climat particulier de ces opérations menées contre un ennemi invisible qui a toujours une longueur d’avance. Elle restitue avec la même justesse l’esprit de camaraderie qui soude le groupe composé d’algériens, de jeune conscrits venus de métropole, ou de militaires de carrières déjà rompus au combat sur d’autres champs de bataille. L’interprétation est très juste dans l’ensemble.

Points faibles : La seconde moitié du film prend une tournure plus romantique (au sens propre du terme) quand les convictions profondes des principaux protagonistes se trouvent mises à l’épreuve de la terrible réalité. Ce deuxième aspect de "L’ennemi intime" est sensiblement moins crédible et moins intéressant que l’autre car construit sur des rebondissements trop convenus et sacrifiant parfois au réalisme. Au final, l’intérêt du film pâtit de cette alchimie maladroite entre réalisme et romantisme.

Note subjective : 6 / 10

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22 octobre 2007

Locataires

Locataires___250Réalisateur : Kim Ki-Duk
Genre : Conte poétique et sentimental
Résumé : Un jeune homme étrange, muet et marginal subsiste en squattant des logements momentanément désertés par leurs occupants, ne laissant que des traces positives et discrètes de son passage. Un jour, il s'installe dans une maison sans s'apercevoir que la maîtresse des lieux est toujours présente.

Ce qui caractérise le film : Une histoire résolument originale et onirique qui ne ressemble à aucune autre.

Note artistique : La mise en scène est inspirée. La photographie est simple mais magnifique.

Note filmographique : Comme dans "Printemps, été, automne hiver et printemps" du même cinéaste, il émane de "Locataires" un parfum oriental et poétique qui s'exprime au travers d'une narration lente et contemplative et de personnages décalés.

Points forts : Les personnages principaux sont lumineux, en particulier celui du jeune homme qui apparaît comme un ange spirituel et silencieux, prenant bien soin de ne pas interférer avec un monde trop obtus et matérialiste. Le scénario est quant à lui d'une rare originalité, multipliant les idées poétiques.

Points faibles : L'idée de départ s'essouffle un peu dans la seconde moitié du film, laissant l'impression que l'histoire s'y improvise au fur et à mesure. Heureusement, l'ennui ne s'installe pour autant car "Locataires" réserve des scènes inattendues jusqu'à son terme.

Note subjective : 6 / 10

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15 octobre 2007

La vengeance dans la peau

La_vengeance_dans_la_peau___250Réalisateur : Paul Greengrass
Genre : Action
Résumé : Toujours traqué par la CIA et partiellement amnésique, l'ex-agent Jason Bourne est rongé par le souvenir des exécutions qu'il a réalisées dans le passé sur ordre de l'agence. Son opiniâtreté à découvrir la vérité sur son identité et à dénoncer les pratiques de son ex-employeur embarrasse ses anciens commanditaires qui mobilisent alors tous les moyens à leur disposition dans le seul but de le faire disparaître.

Ce qui caractérise le film
: Une course poursuite non-stop et haletante.

Note artistique : La mise en scène privilégie une mise en images réaliste qui s'avère plus artificielle, plus brouillonne et moins convaincante que celle de "Vol 93" du même réalisateur. Le montage est extrêmement nerveux.

Note filmographique
: Concluant (mais est-ce certain ?) la trilogie consacrée aux mésaventures de Jason Bourne, "La vengeance dans la peau" se situe à mi-chemin entre les deux précédents volets, proche du réalisme de "La mémoire dans la peau" (qui reste selon moi le meilleur des trois) mais scénaristiquement plus conventionnel à l'image de "La mort dans la peau" (également signé par Paul Greengrass).

Points forts : "La vengeance dans la peau" est un techno-thriller au rythme intense et efficace. D'une course poursuite à l'autre on n'a quasiment pas le temps de souffler et certaines scènes d'action sont très impressionnantes. Sur ce plan là, le film assure de belle manière.

Points faibles : Le principal intérêt de la trilogie est d'évoquer la lutte d'un homme seul, véritable machine à tuer, contre tout un système doté des technologies d'investigation les plus avancées. Misant essentiellement sur l'action, ce troisième épisode ne remplit son contrat que sur un plan formel. Dans le fond, la mise en scène manque de recul, de profondeur, de parti pris et d'émotion. Par ailleurs, son efficacité repose sur une mécanique aux effets trop répétitifs sans changement de rythme, ce qui finit par lasser, d'autant que certaines scènes sont visuellement confuses.

Note subjective
: 6 / 10

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12 octobre 2007

Arrivederci amore, ciao

Arrivederci_amore__ciao___250Réalisateur : Michele Soavi
Genre : Film noir
Résumé : Un ex-terroriste italien en exil décide de revenir vivre en Italie. Il est aussitôt arrêté par un policier violent et corrompu avec lequel il passe un marché, dénonçant ses anciens complices. Une loi italienne lui permettant d'obtenir une complète réhabilitation s'il se tient tranquille pendant un certain nombre d'années, il n'a alors plus qu'une obsession : devenir un citoyen modèle, coûte que coûte...

Ce qui caractérise le film : Un film noir immoral et stylisé qui manque d'âme.

Note artistique : La mise en scène est très (trop) stylisée. Elle en oublie de donner une véritable substance à ses personnages.

Note filmographique : Par le passé, Michele Soavi a réalisé « Dellamorte Dellamore » un film fauché devenu quasiment culte, résolument plus original et créatif que celui-ci.

Points forts : L'idée de base qui sous-tend le scénario est intéressante et « Arriverderci amore ciao » bénéficie d'une assez belle distribution.

Points faibles : La froideur de la mise en scène, soignée mais impersonnelle.

Note subjective : 5 / 10

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09 octobre 2007

Flandres

Flandres___250Réalisateur : Bruno Dumont
Genre : Drame psychologique
Résumé : De nos jours dans une petite communauté rurale des Flandres, une rivalité amicale oppose deux hommes au sujet d'une jeune femme volage et inconstante qui conduit sa vie de manière instinctive. Tous les deux se portent volontaires pour participer à un conflit armé dans un pays lointain. La guerre met leur humanité à rude épreuve, les confrontant à leurs plus bas instincts, tandis que, restée au pays, la jeune femme souffre de leur éloignement.

Ce qui caractérise le film : Dépeignant le quotidien d'un milieu rural très populaire et, parallèlement, l'horreur d'un conflit où l'humanité n'a plus sa place, "Flandres" se caractérise par une mise en scène résolument objective.

Note artistique : Loin de toute sophistication esthétique, "Flandres" offre néanmoins des cadrages très soignés et de belles prises de vues. La mise en images du conflit imaginaire, qui évoque à la fois la guerre d'Algérie et la guerre du Golfe, est assez convaincante, à l'exception des effets pyrotechniques et des bruitages associés.

Note filmographique : La presse s'est divisée au sujet de "Flandres". Certains l'ont encensé tandis que d'autres ont tiré dessus à boulets rouges. Après l'avoir vu, je comprends cette dichotomie.

Points forts : Si le film n'est pas passionnant, il n'en est pas pour autant ennuyeux. Les images et le rythme exercent même une fascination hypnotique.

Points faibles : Le film est à ce point objectif qu'il est difficile de comprendre les intentions du cinéaste. Je ne sais dire s'il veut dénoncer la fragilité de l'humanité, évoquer la difficulté de l'engagement amoureux, ou si le message est tout autre. Dans ces conditions et par honnêteté intellectuelle, je m'abstiens de le noter, une note médiane ne pouvant traduire l'étrange impression que me laisse ce film.

Note subjective : Un film déconcertant

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08 octobre 2007

Ne le dis à personne

Ne_le_dis___personne___250Réalisateur : Guillaume Canet
Genre : Thriller
Résumé : Lors d'un week-end à la campagne, un couple est victime d'une mystérieuse agression. La jeune femme est enlevée puis assassinée tandis que son époux est quasiment laissé pour mort. Des années plus tard, alors qu'il ne s'est pas complètement remis de ce drame, l'homme reçoit par Internet une vidéo sur laquelle il croit reconnaître son épouse. Il se lance aussitôt dans une enquête qui va le mener de surprise en surprise.

Ce qui caractérise le film : Un thriller au suspense palpitant, à la fois sensible et efficace.

Note artistique : La mise en scène, l'image et la bande originale sont d'excellente qualité et servent judicieusement la tonalité et la progression du récit.

Note filmographique : Il s'agit du deuxième film de Guillaume Canet. Le premier, "Mon idole", ne m'avait pas vraiment convaincu, mais c'est tout le contraire avec celui-ci.

Points forts : "Ne le dis à personne" est tout simplement le meilleur thriller "made in France" qu'il m'ait été donné de voir depuis bien longtemps. La mise en scène tire le meilleur parti d'un scénario retord et atteint un équilibre rare entre suspense psychologique, action, rebondissements, et véracité des personnages. Si la "french touch" a souvent le défaut de gommer la fantaisie et l'émotion brute au profit exclusif de la réalité et d'une émotion plus cérébrale, ce n'est pas le cas ici car "Ne le dis à personne" parvient à ménager les unes et les autres. L'interprétation est excellente, avec une mention toute particulière pour François Cluzet et André Dussolier.

Points faibles : Sans objet.

Note subjective : 8 / 10

Posté par CinEdito à 19:50 - 08/10 (excellent) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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