28 février 2007
Horribilis
Réalisateur : James Gunn
Genre : Gore
Résumé : Après la chute d'un météore, une entité extra-terrestre contamine la population d'une petite ville rurale, la transformant en un troupeau de zombies anthropophages et décérébrés (original, non ?).
Ce qui caractérise le film : Un fourre-tout horrifique mal maîtrisé.
Note artistique : Les effets spéciaux sont corrects mais déjà vus ailleurs.
Note filmographique : Présenté comme un "must" du film gore par une partie de la presse spécialisée, c'est en réalité un recyclage mal digéré et insipide.
Points forts : Je n'en vois aucun.
Points faibles : Le scénario, la mise en scène et l'interprétation. Que c'est lourd ! Et sans humour pour faire passer le tout...
Note subjective : 2 / 10
La vérité nue
Réalisateur : Atom Egoyan
Genre : Film noir
Résumé : Une jeune journaliste enquête sur un drame criminel non élucidé qui a impliqué deux anciennes gloires du show-business des années auparavant.
Ce qui caractérise le film : Un cinéma adulte, profond et pessimiste.
Note artistique : La photographie et les décors sont très soignés.
Note filmographique : "La vérité nue" est très proche des œuvres précédentes du réalisateur qui visite à nouveau des thèmes déjà abordés dans "Exotica" et "De beaux lendemains" : le deuil, le non-dit, la culpabilité, l'apparence, les faiblesses humaines et les dégâts qui en découlent.
Points forts : Par le biais d'une mise en scène maîtrisée, patiente et parfois crue, le cinéaste dévoile peu à peu l'implication de chacun des protagonistes dans le drame qui s'est joué jadis, au même rythme qu'il en révèle les fêlures psychologiques indélébiles. Jouant en permanence sur l'opposition entre l'apparence des personnages (allure, attitude, identité, rôle,...) et leur véritable nature, il tisse une toile sombre de faux semblants qui n'épargne personne. L'interprétation est excellente.
Points faibles : Atom Egoyan force peut être un peu le trait sur la noirceur de l’âme humaine.
Note subjective : 8 / 10
27 février 2007
Mon nom est Tsotsi
Réalisateur : Gavin Hood
Genre : Drame social
Résumé : Tsotsi ("voyou") vit dans un bidonville proche de
Johannesbourg en Afrique du Sud. Son quotidien criminel bascule
lorsqu'il enlève accidentellement un nouveau né dont il décide de
s'occuper.
Ce qui caractérise le film : Un regard sur la pauvreté et ses dégâts
sur les rapports sociaux.
Note artistique : Une très belle photographie.
Note filmographique : Le film se situe quelque part entre "La cité de
Dieu" et "La cité de la joie". Il a été oscarisé "meilleur film
étranger" en 2006.
Points forts : Une belle histoire de rédemption. Des personnages
attachants. Une peinture sociale réaliste. De l'émotion sans excès
démonstratif.
Points faibles : La conclusion trop angélique. Il manque un
contrepoids sombre à l'humanité exprimée ou latente de tous les
personnages : sans adversité, la démonstration manque de punch.
Note subjective : 6 / 10
13 Tzameti
Réalisateur : Gela Babluani
Genre : Polar noir
Résumé : Un jeune homme se retrouve embarqué malgré lui dans un jeu sordide et létal.
Ce qui caractérise le film : Très prenant, très noir, presque fantastique, avec une certaine dimension sociale. Une plongée cauchemardesque dans un univers amoral et barbare empreint de cupidité, de peur, de haine, de brutalité, et de violence psychologique.
Note artistique : La photographie en noir et blanc contribue à l'immersion dans une ambiance qui évoque le polar et le thriller politique français des années 60 et 70 : rythme lent et posé, économie de dialogues, action brute et sans fioriture, gueules de cinéma et pessimisme noir…
Note filmographique : L'histoire et l'ambiance ne sont pas sans rappeler celles de "Intacto" de Juan Carlos Fresnadillo.
Points forts : La mise en scène est d'une sobriété de bon aloi, avec des dialogues efficaces et une sécheresse percutante. L'interprétation est excellente, surtout dans la seconde partie, avec une impressionnante galerie de portraits patibulaires comme on en voit plus.
Points faibles : Le scénario n’est pas suffisamment développé.
Note subjective : 7 / 10
26 février 2007
Poseidon
Réalisateur : Wolfgang Petersen
Genre : Héroïsme et catastrophe maritime
Résumé : Un paquebot de luxe est retourné comme une crêpe par un tsunami venu de nulle part. Un petit groupe de passagers tente de regagner la surface.
Ce qui caractérise le film : De l'action et des effets spéciaux.
Note artistique : Une mise en scène formatée, à l'efficacité hollywoodienne.
Note filmographique : Je n'ai jamais été un grand fan de ce Wolfgang là. "Poseidon" est d'honnête facture mais bien moins intéressant que "Troie" qui est sans doute son meilleur film.
Points forts : Les décors spectaculaires et les effets spéciaux convaincants. Le rythme non stop.
Points faibles : Le scénario et la psychologie invraisemblable des personnages (trop de héros et pas assez d'ordures). Un manque d'émotion (presque tout le monde meurt mais on s'en fiche...). Trop court.
Note subjective : 5 / 10
A Scanner Darkly
Réalisateur : Richard Linklater
Genre : Drame policier, trop vite catalogué au rayon SF
Résumé : Un agent des narcotiques est chargé d’infiltrer et de surveiller une bande de marginaux soupçonnés d’être impliqués dans un trafic de drogue. Progressivement, il perd le sens des réalités.
Ce qui caractérise le film : Un climat schizophrène dérangeant. Une tonalité qui glisse doucement vers le noir, en particulier dans le final, souligné par une dédicace de Philip K. Dick qui fait froid dans le dos (empruntée à son roman « Substance Mort » dont le film est l’adaptation fidèle).
Note artistique : Il s'agit d'un film d'animation entièrement constitué par retouche graphique d'images réelles. Ce parti pris visuel assez décalé est une réussite car il s'accorde bien au propos et participe à installer une ambiance singulière, plutôt "seventies", avec en point d'orgue le rendu particulièrement convaincant, intrigant, schizophrène et dérangeant du "complet brouillé" (très fidèle à la description qui en est faite dans le livre).
Note filmographique : L'ambiance de certaines scènes et le décalage des personnages rappelle la folie douce de "The big Lebowski" des frères Coen.
Points forts : Un sombre réquisitoire contre les drogues dures. Le casting, l'interprétation et le travail sur les voix sont excellents. Un film d'auteur, original, dur et exigeant qui sort des sentiers battus. Dans l'esprit, c'est sans doute la meilleure adaptation de Philip K. Dick depuis "Blade Runner".
Points faibles : "A Scanner Darkly" n’est pas une œuvre facilement accessible, en particulier pour qui n’a pas lu le roman auparavant.
Note subjective : 7 / 10
25 février 2007
The Host
Réalisateur : Bong Joon-Ho
Genre : Fantastique, tendance "film de monstre"
Résumé : Une créature monstrueuse, née d’une négligence écologique, enlève une jeune fille. Sa famille se mobilise pour tenter de la retrouver.
Ce qui caractérise le film : Un film de genre atypique et très attachant. Il n'est pas question de héros ou d'héroïsme, mais seulement d'êtres humains luttant pour leur dignité et leur survie dans un univers dominé par l'impérialisme américain et le mépris de l'écologie, dont les premières victimes sont les laissés pour compte de la société coréenne.
Note artistique : L'ambiance est particulièrement soignée avec une musique bien présente, une photographie superbe (la pluie est magnifiquement photogénique !) et une caméra qui sait admirablement cadrer les visages.
Note filmographique : Après l'excellent "Memories of murder", le cinéaste détourne à nouveau les codes du film de genre (sur une base de scénario très proche de "Godzilla").
Points forts : Une caméra, braquée sur le sort d'une famille de gens ordinaires plongés dans la tourmente, qui privilégie un regard plein d'humour, d'admiration et de compassion, laissant l'action, les effets spéciaux, l'horreur et le suspens au second plan.
Points faibles : Aucun.
Note subjective : 8 / 10
24 février 2007
Election 2
Réalisateur : Johnnie To
Genre : Film de gangsters (suite)
Résumé : Deux ans après les événements relatés dans "Election 1",
une nouvelle élection se profile, mais le parrain en place, rompant
avec la tradition, veut briguer un second mandat.
Ce qui caractérise le film : Une sombre réflexion sur le pouvoir,
servie par des images d'une extrême violence, comme une allégorie.
Note artistique : La mise en scène est très travaillée sans tomber
dans l'esbroufe, avec d'excellents cadrages (dans un style qui évoque parfois celui de Kitano).
Note filmographique : Un film qui s'inscrit dans la continuité de "Election 1" (toujours sans coup de feu) mais plus réfléchi, plus
sombre et plus marquant. Sans doute le meilleur film du réalisateur et
l'un des tous meilleurs polars de Hong Kong.
Points forts : L'excellence de la mise en scène. La vraisemblance des
situations qui démarque le film des modèles du genre (au romantisme
noir parfois trop appuyé). L'ambiance qui se dégrade lentement
jusqu'au paroxysme.
Points faibles : Le scénario n'est pas parfait mais rien de dramatique.
Note subjective : 8 / 10
Election 1
Réalisateur : Johnnie To
Genre : Film de gangsters
Résumé : Les chefs d'une poignée de triades de Hong Kong procèdent à
l'élection de leur "parrain" nommé pour deux ans. Deux candidats se
disputent le poste.
Ce qui caractérise le film : Une mise en scène qui prend le
contre-pied du polar "made in Hong Kong" actuel, c'est à dire sobre,
sans esbroufe, et plus surprenant, sans fusillade ni arme à feu.
Note artistique : Une photographie souvent sombre. Une bonne BO pour
un film de Hong Kong.
Note filmographique : Un film plus mature que "Fulltime Killer" ou
"Breaking News" du même réalisateur, mieux maîtrisé mais moins fun. La suite "Election 2"
est sortie quasi simultanément dans les salles (critique à suivre…).
Points forts : L'ambiance qui privilégie la tension psychologique. Une
interprétation convaincante. Quelques scènes "coup de poing" (je
mets en garde les âmes trop sensibles). Un scénario qui évite les
conventions, les rebondissements et les clichés du genre.
Points faibles : Le scénario manque un peu de consistance compte tenu
du manque d'action.
Note subjective : 6 / 10
23 février 2007
Silent Hill
Réalisateur : Christophe Gans
Genre : Fantastique à tendance horrifique
Résumé : Pour tenter d'exorciser la psychose de sa fille adoptive, une
femme décide de l'emmener sur les lieux de ses cauchemars, une ville
fantôme qui fut jadis le théâtre d'un terrible drame.
Ce qui caractérise le film : Une ambiance fantastique originale. Mais
âmes sensibles s'abstenir !
Note artistique : Les films fantastiques qui dénotent d'une véritable
ambition artistique sont rares. "Silent Hill" en fait partie. Le
travail sur les décors, la palette de couleurs, le design des
créatures et les manifestations fantastiques est impressionnant.
Note filmographique : Un film plus abouti que "Crying freeman" ou "Le pacte des loups" (le scénario présentant certaines similitudes
avec ce dernier), en particulier sur le plan formel. "Silent Hill"
fait montre d'une ambition comparable à celle des meilleures
productions récentes du genre (ibériques ou nipponnes pour la
plupart). A moins que ma mémoire me trahisse ("Mortal Kombat" ?,
"Wing Commander" ?, "Doom" ?, "Street fighter" ?, "Lara Croft" ?,
"Resident Evil" ?), c'est probablement la meilleure adaptation
cinématographique d'un jeu vidéo ("Final Fantasy" ne pouvant être
considéré comme une véritable adaptation du jeu éponyme).
Points forts : Une mise en scène soignée et sophistiquée. L'ambiance
est très réussie. Quelques scènes d'une grande intensité. Pas de "happy end". Un excellent générique de fin.
Points faibles : Quelques effets de caméra inutiles. L'interprétation
n'est pas exceptionnelle. La méchante ne souffre pas assez
avant de trépasser.
Note subjective : 7 / 10
