19 mai 2008
Aliens
(Grande-Bretagne, sorti en 1986)
Réalisateur : James Cameron
Genre : Science fiction
Résumé : Après avoir erré en sommeil artificiel pendant plusieurs décennies à bord d'une navette, la seule rescapée du cargo spatial Nostromo est recueillie sur une station orbitale. Elle apprend avec épouvante qu'une colonie humaine s'est installée sur la planète où le Nostromo avait recueilli la redoutable créature qui provoqua l'anéantissement de l'équipage et conduisit le cargo à sa perte. Comme la colonie ne répond plus, elle accepte d'accompagner le commando militaire qui se rend au secours des colons, en dépit de sa peur et de ses réticences.
Impressions : Bien que radicalement différent de son prédécesseur ("Alien" de Ridley Scott) dans son rythme et sa narration, "Aliens" est un divertissement de haute volée qui se montre à la hauteur de son modèle, dénonçant les dangers d'une société et d'une science soumise aux seuls intérêts financiers (qui est le pire des prédateurs dans cette histoire ?), et enrichissant la mythologie de l'alien (les mœurs, le cycle de vie, la reproduction,...).
Personnages : L'une des grandes originalités de ce second volet réside dans l'introduction d'une héroïne féminine dans un vrai rôle d'action, idée qui n'est pas que cosmétique puisque l'instinct maternel prend une place prépondérante dans le déroulement des événements (y compris du côté des aliens). James Cameron s'est efforcé de rendre la plupart des personnages intéressants (même ceux relevant d'archétypes), reléguant la créature au second plan.
Considérations artistiques : A quelques exceptions près, les effets spéciaux restent excellents, en particulier ceux qui mettent en scène les créatures. La remarquable partition musicale de James Horner constitue quant à elle une référence du genre.
Mise en scène : La mise en scène est très efficace et contribue à soutenir la tension jusqu'au terme du film. Si l'action reste le maître mot, James Cameron sait dramatiser l'intrigue afin de créer et d'entretenir une vraie charge émotionnelle qui tient en haleine en soutenant l'action.
Références cinématographiques : Dans la filmographie de James Cameron "Aliens" figure en bonne place parmi les films qui consacrent le cinéaste comme l'un des plus grands maîtres du cinéma d'action. Le réalisateur reprendra l'idée de l'héroïne féminine musclée dans "Terminator 2" avec le même succès. "Aliens" quant à lui connaîtra deux suites réalisées par deux cinéastes différents : "Alien 3" de David Fincher et "Alien, la résurrection" de Jean-Pierre Jeunet. Autre article concernant le même cinéaste : "Abyss".
Note subjective : 9 / 10
Alien
(Grande-Bretagne, sorti en 1979)
Réalisateur : Ridley Scott
Genre : Science fiction
Résumé : Alors que le cargo spatial Nostromo se dirige vers la Terre, l'équipage est réveillé de son sommeil artificiel par l'ordinateur de bord qui a détecté la présence d'une intelligence inconnue sur un petit planétoïde réputé désert. L'équipe d'exploration y découvre l'épave d'un vaisseau extra-terrestre dont les cales sont remplies d’œufs à l'aspect étrange. L'un des explorateurs est attaqué par une créature surgie de l'un d'eux et doit être rapatrié d'urgence sur le cargo. Mais une fois à bord, la créature prend la fuite et l'équipage entreprend de la traquer.
Impressions : "Alien" se caractérise par son ambiance angoissante et claustrophobe réussie (fort bien résumé par son célèbre sous-titre : "dans l'espace, personne ne vous entend crier"), mais également par une identité visuelle forte qui marqua en son temps un véritable renouveau du cinéma de science fiction dans sa version "space opéra". Sur le fond, la question posée par le film n'est pas tant de savoir qui est l'alien, mais qui est le prédateur, question qui ne cessera d'être cultivée dans les différents épisodes de la saga.
Personnages : La créature - l'alien - constitue probablement le personnage le plus emblématique de ce premier volet (elle sera par la suite supplantée par le personnage de Ripley), à tel point qu'elle fascine toujours et constitue une référence absolue du cinéma fantastique (la banalisation du terme "alien" n'en est-il pas le meilleur indice ?).
Considérations artistiques : L'épave du vaisseau extra-terrestre et le gigantesque cargo spatial constituent des décors fabuleux aux détails très soignés et à l'importance primordiale. La musique accompagne à la perfection le rythme et l'ambiance du film.
Mise en scène : Sur tous les plans, la mise en scène est perfectionniste sans jamais se montrer sophistiquée. Le sens du détail de Ridley Scott ne semble jamais vain mais au contraire voué à l'ambiance du film, tout comme le rythme lent et contemplatif qui caractérise la narration.
Références cinématographiques : Le rythme et le soucis du détail réaliste rapprochent davantage "Alien" d'un film comme "2001, l'odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick que de "La guerre des étoiles" de Georges Lucas. La saga "Alien" connaîtra trois autres épisodes : "Aliens" de James Cameron, "Alien 3" de David Fincher et "Alien, la résurrection" de Jean-Pierre Jeunet.
Note subjective : 9 / 10
03 mars 2008
Silverado
(Etats-Unis, sorti en 1985)
Réalisateur : Lawrence Kasdan
Genre : Western
Résumé : Après plusieurs années de détention et d'exil, un cow-boy revient dans la petite ville de Silverado où il a jadis abattu un éleveur. Le fils de ce dernier est désormais à la tête d'un vaste ranch et tient la ville d'une main de fer avec la complicité du shérif, un ancien hors-la-loi violent et cupide. Bafouant toute loi, ses hommes de main terrorisent et spolient les nouveaux colons venus s'installer sur des terres octroyées par le gouvernement dans le voisinage du ranch. La tension monte rapidement et une coalition amicale s'organise pour lutter contre ces violences et réclamer justice.
Impressions : Du grand divertissement. Un régal qui ne se dément pas du début à la fin.
Scénario : En dépit de son caractère très manichéen, le scénario impressionne par sa densité. Riche en péripéties et en rebondissements, l'aventure a du souffle et multiplie les morceaux de bravoure, jouant sur une large gamme d'émotions.
Personnages : "Silverado" met en scène un nombre incroyable d'archétypes du genre sans jamais donner l'impression de verser dans l'excès.
Interprétation : Le casting est plus que réjouissant.
Considérations artistiques : Comme il se doit, le film offre de belles prises de vue sur les vastes paysages de l'ouest américain.
Mise en scène : La narration est redoutablement efficace permettant à tous les protagonistes de tirer progressivement leur épingle du jeu. Une telle précision dans la construction dramatique est rarissime dans le cinéma de divertissement. Les gunfights sont très réussis.
Références cinématographiques : "Silverado" est un hommage appuyé et réussi aux grands classiques de l'âge d'or du western.
Note subjective : 9 / 10
22 janvier 2008
Into the wild
Réalisateur : Sean Penn
Genre : Drame social
Résumé : Un jeune homme de 23 ans, brillant et issu d'un milieu aisé, décide de plaquer famille, société conservatrice et civilisation pour aller vivre son désir de liberté absolue en pleine nature au fin fond de l'Alaska.
Ce qui caractérise le film : Une magnifique quête de sens, de liberté et de vérité, envoûtante et désenchantée. Un très grand film dont le maître mot est l’équilibre.
Note artistique : Sean Penn a opté pour une mise en scène élaborée aux images soignées sans toutefois systématiser cet esthétisme. La bande originale, en partie écrite et interprétée par le chanteur du groupe Pearl Jam accompagne judicieusement l'histoire, les paroles étant souvent sous-titrées.
Note filmographique : Le personnage idéaliste du jeune homme rappelle irrésistiblement l'Ernesto Guevara (futur Che Guevara) du magnifique "Carnets de voyage" de Walter Salles.
Points forts : Au delà de l’histoire qui nous est contée (inspirée de faits réels), "Into the wild" délivre un message humaniste, philosophique et politique, évoquant le nécessaire équilibre qui doit exister entre l’individu et la société, et apporte un certain éclairage sur les enjeux émotionnels qui sous-tendent la relation entre parents et enfants, avec en toile de fond le sombre portrait d'une civilisation américaine matérialiste, intolérante, injuste et violente, gangrenée par le mensonge et la prédominance des apparences. La grande force du film réside dans le remarquable équilibre que Sean Penn est parvenu à créer et à maintenir entre subjectivité (traduisant son évidente admiration pour le personnage) et objectivité, jusqu’à réconcilier les deux approches dans un acte final qui voit le jeune homme tirer lui-même les leçons de son expérience. Le cinéaste ne juge ni ne glorifie, mais décrit avec enthousiasme le parcours d'un homme idéaliste, exalté, ouvert et téméraire sans tomber dans l'apologie d’une utopie embarrassée de naïveté, d’inconscience, et dans une certaine mesure d’égoïsme. La narration en flash-back suit la trame des notes de voyage prises par le jeune fugueur (excellemment interprété), les choix de mise en scène (photographie, cadrage, angles de vue, rythme...) se chargeant de rendre compte, au fil des séquences, de ses sentiments du moment. Le cinéaste contrebalance cette subjectivité en faisant parler les faits (les douloureux incidents de parcours, l’omniprésence de la civilisation, les obstacles matériels, la détresse de la famille, le véritable visage de la nature, rude et hostile…) ainsi que la maturité et l’expérience des personnages de rencontre qui se prennent d’affection pour le voyageur mais ne peuvent partager jusqu’au bout son rêve de fuite et de solitude (renvoyant sans doute à ce qui est le point de vue de Sean Penn lui-même). La manière dont sont évoquées les motivations profondes du personnage, traumatisé par un contexte familial qui lui fait rejeter en bloc son milieu social, et sous l'influence d’œuvres littéraires qui ont forgé sa pensée, témoigne également du juste équilibre qui porte ce très beau film.
Points faibles : Compte tenu du choix narratif de ne pas respecter la chronologie des faits, il faut un certain temps pour entrer complètement dans le film, mais une fois que c’est le cas, l’évasion est totale.
Note subjective : 9 / 10
02 janvier 2008
La graine et le mulet
Réalisateur : Abdellatif Kechiche
Genre : Comédie dramatique
Résumé : En désaccord avec les nouvelles méthodes de travail que l'on veut lui imposer, un ouvrier issu de l’immigration et proche de l’âge de la retraite est licencié par la petite entreprise de réparation navale dans laquelle il travaillait depuis plusieurs décennies sur le port de Sète. Convaincu qu'il ne retrouvera pas d'emploi et préoccupé par l'avenir des siens, il décide de créer un restaurant avec l'appui de sa famille et de ses amis.
Ce qui caractérise le film : Un réalisme ébouriffant source d'une empathie quasi miraculeuse.
Note artistique : La narration, parfaitement maîtrisée, fait la part belle aux dialogues et la caméra en profite pour cadrer longuement les visages, saisissant à merveille les expressions et les émotions.
Note filmographique : Lauréat du prix Louis Delluc et du prix du jury à la Mostra de Venise, "La graine et le mulet" est plébiscité par une critique enthousiaste… à juste titre.
Points forts : "La graine et le mulet" (le titre fait référence à la recette du couscous au poisson qui constitue le plat central du restaurant) est en premier lieu un film sur la solidarité, laquelle s'exprime avec justesse et bonne humeur mais sans angélisme dans un contexte social difficile : solidarité familiale autour des tensions et des difficultés du quotidien, solidarité communautaire autour d'un projet de restaurant, solidarité matérielle et affective envers les plus pauvres. Dans une moindre mesure et sans jamais tomber dans l'excès ou la caricature, le cinéaste évoque également les préjugés et le déficit de crédibilité économique qui peuvent frapper un entrepreneur d'origine modeste qui n'est ni jeune, ni diplômé, ni cultivé, ni français de souche. Sous l'effet d'une direction d'acteurs hors pair, les comédiens donnent le meilleur d'eux-mêmes et l'interprétation (en particulier féminine) est tout simplement hallucinante de vérité, si bien que l'empathie pour les personnages est immédiate et profonde. Les situations et les dialogues (là encore un régal de justesse !) plongent ainsi le spectateur dans une réalité plus que saisissante, donnant souvent l'impression d'assister et de participer aux événements, et cette immersion rend particulièrement prégnante la tension dramatique et le suspense qui sous-tendent la longue, magnifique et éprouvante séquence finale (l'inauguration officieuse du restaurant). "La graine et le mulet" est plus qu'une bonne surprise : c'est du beau et grand cinéma.
Points faibles : Aucun.
Note subjective : 9 / 10
04 novembre 2007
Wolfen
Réalisateur : Michael Wadleigh
Genre : Fantastique
Résumé : Après avoir inauguré le chantier d’un programme immobilier d’envergure, un richissime promoteur est sauvagement assassiné le soir même dans un parc new-yorkais avec son épouse et son garde du corps. L’enquête est confiée à un inspecteur tourmenté mais tenace et à une psychologue spécialisée dans le crime politique.
Ce qui caractérise le film : Un film fantastique profond, original et fascinant, d’une ambition et d’une qualité rares. Un des meilleurs films du genre à mon avis.
Note artistique : Michael Wadleigh a signé une mise en scène à la fois sobre, esthétique, inventive et d’une très grande précision qui résiste remarquablement au passage du temps. Les effets spéciaux horrifiques sont soignés mais savent se faire discrets. Les décors les plus marquants, une église délabrée au milieu d’un quartier urbain en ruines ou la pile d’un pont suspendu qui offre une vue aérienne et panoramique sur la cité, sont riches en symboles et possèdent une identité visuelle forte. La caméra subjective filmant ce que voit le prédateur au ras du sol dans une gamme de couleurs suggérant l’infrarouge et l’ultraviolet (technique reprise plus tard par John McTiernan dans "Predator") contribue à une immersion très réussie dans le fantastique. A noter également l’excellente bande originale de James Horner qui préfigure à l’évidence celle de "Aliens" de James Cameron.
Note filmographique : Suivant de près la sortie de deux films de loups-garous à succès ("Hurlements" de Joe Dante et "Le loup-garou de Londres" de John Landis) dont il détourne intelligemment les codes, "Wolfen" est davantage qu’un simple film d’horreur, mêlant habillement fantastique, enquête policière, et réflexion écologiste.
Points forts : Apparaissant comme l’émanation d’une légende indienne, "Wolfen" est une passionnante fable écologiste, toujours d’une brûlante actualité, qui évoque en parallèle la disparition d’une biodiversité naturelle millénaire et celle d’une culture amérindienne tournée vers le spirituel. On peut donc à l’évidence y voir une prise de position politique. Sur le plan formel, le film est magnifique, jouant sur le contraste entre des plans panoramiques embrassant eau, terre et ciel, et d’autres plans sur un univers en ruines. Il réserve de nombreuses séquences au suspense angoissant et réussi, reposant essentiellement sur une ambiance visuelle (jeux d’ombres, visions fugaces) ou sonores (silence, bruits inquiétants). La mise en scène et les dialogues sont parsemés de détails sans importance pour l’intrigue mais qui participent à la vraisemblance des situations et des personnages et donc à l’immersion dans l’histoire. La séquence finale est exceptionnelle sur tous les plans et sublime le caractère fantastique du film.
Points faibles : Le visuel (mordant) choisi pour illustrer le DVD (illustration du bas) ainsi que le slogan stupide qui le souligne ("Reveillez la bête qui sommeille en vous") ne rendent aucunement compte des intentions du film, loin de là. Une triste illustration des méfaits d’un marketing sans scrupule.
Note subjective : 9 / 10
16 août 2007
Ratatouille
Réalisateur : Brad Bird
Genre : Film d'animation
Résumé : Un jeune rat se distingue des membres de sa famille par un sens du goût particulièrement développé qui ne lui fait apprécier que les mets les plus raffinés. Les hasards de l'existence le conduisent à Paris où, en dépit des obstacles inhérents à sa condition de rat, il décide de suivre sa propre voie.
Ce qui caractérise le film : "Ratatouille" est un conte drôle et enchanteur doublé d'un vrai regard sur l'art et la vocation.
Note artistique : Même si l'animation est irréprochable, le graphisme des personnages ne se démarque pas des dernières productions du genre. En revanche la représentation de tout ce qui touche à la nourriture a fait l'objet d'un travail remarquable. L'histoire se déroule dans un Paris délicieusement suranné qui évoque par son ambiance la meilleure époque Disney alors que quelques détails de l'histoire (analyse ADN, plats surgelés) la situe de manière très contemporaine.
Note filmographique : Après "Le géant de fer" et "Les indestructibles", deux films d'animation qui figurent parmi les plus belles réussites du genre, Brad Bird confirme qu'il est l'un des plus grands maîtres contemporains en la matière et sans doute le numéro un de l'animation 3D américaine.
Points forts : "Ratatouille" se démarque par un vrai scénario qui ne se contente pas d'aligner une galerie d'archétypes plongés dans un milieu original. Si l'histoire ne manque pas d'action et de péripéties, l'aventure est tout autant intérieure. L'humour est celui de la comédie, privilégiant un comique de situation plutôt qu'une succession de gags et de bons mots. Il en résulte un film enchanteur qui parvient à émerveiller sans mièvrerie comme ont su le faire en leur temps "Bambi", "Les aristochats" ou "Les 101 dalmatiens".
Points faibles : Aucun.
Note subjective : 9 / 10
15 mai 2007
Les infiltrés
Réalisateur : Martin Scorcese
Genre : Policier
Résumé : Un jeune flic tout juste sorti de l’académie accepte la mission d’infiltrer la pègre irlandaise, tandis qu’un autre promu entame une carrière au sein de l’unité de lutte contre le crime organisé, renseignant secrètement le caïd pour lequel il travaille. Chacun d’entre eux reçoit bien vite instruction de démasquer l’autre, tout en s’efforçant de sauvegarder sa propre couverture.
Ce qui caractérise le film : Un excellent polar à l'ambiance nerveuse et tendue, réalisé avec une impressionnante maestria. Du grand cinéma.
Note artistique : "Les infiltrés" est tout simplement une leçon magistrale de mise en scène et de direction d’acteurs.
Note filmographique : Dans la carrière de Scorcese, "Les infiltrés" apparaîtra sans doute comme une œuvre moins personnelle et certainement à juste titre. S’agissant d'un remake de "Infernal Affairs", un polar de Hong-Kong plébiscité par la critique, il appelle fatalement à un exercice de comparaison. Le scénario est fidèle à l'original et l'on retrouve certaines scènes clés du film référence. Cependant il diffère de ce dernier par sa mise en scène et par le traitement de ses personnages. Le film de Scorcese, sensiblement plus long que "Infernal Affairs", s'intéresse davantage aux personnages du flic infiltré et du caïd irlandais. Le personnage du flic ripoux est quant à lui traité différemment, apparaissant plus lisse et monolithique que dans le film original. L'équilibre entre les deux personnages est ainsi rompu, le second apparaissant davantage comme un faire-valoir du premier. Personnellement, j'ai préféré cette version à l'original (que j'ai également bien aimé cependant).
Points forts : La qualité des dialogues et la virtuosité de la réalisation ne déçoivent pas et la situent clairement au niveau des meilleurs Scorcese. L’interprétation est exceptionnelle : DiCaprio est excellent et Nicholson est extraordinaire (c’est sans doute l’un de ses meilleurs rôles).
Points faibles : Aucun.
Note subjective : 9 / 10
12 avril 2007
The constant gardener
Réalisateur : Fernando Meirelles
Genre : Drame sentimental
Résumé : Un ressortissant britannique en poste au Kenya enquête sur l’assassinat de sa jeune épouse, une avocate militante qui s’apprêtait à révéler un scandale politico-financier.
Ce qui caractérise le film : "La constance du jardinier" est avant tout une magnifique et tragique histoire d'amour qui n'oublie pas, au passage, de nous faire réfléchir sur les conséquences de l'engagement ou du désengagement (à vouloir tout épargner, l'on peut en arriver à tout perdre).
Note artistique : La mise en scène s'attache à donner un côté réaliste et quasi-documentaire aux images.
Note filmographique : A condition de ne pas passer à côté de la véritable intrigue du film, on se rendra
compte que le scénario et la narration sont plus subtils que ceux de "La cité de dieu" (du même réalisateur). La mise en scène est beaucoup moins "scorcesienne" que ne l'était celle de ce dernier.
Points forts : Le film glisse très habilement et imperceptiblement du thriller politique alter-mondialiste vers le drame sentimental, avec en toile de fond une véritable réflexion sur l’engagement. En s’appuyant sur une métaphore, il dénonce la frilosité d'un monde qui refuse de voir ce qui le dérange. L'interprétation est tout à fait satisfaisante avec une mention spéciale pour Ralph Fiennes qui tient certainement là l'un de ses tous meilleurs rôles, tout en sensibilité et en fragilité. Le dénouement est terriblement émouvant.
Points faibles : Aucun.
Note subjective : 9 / 10
20 mars 2007
Munich
Réalisateur : Steven Spielberg
Genre : Drame historique
Résumé : Après la prise d’otage meurtrière d’une dizaine d’athlètes israéliens par un commando palestinien pendant les Jeux Olympiques de Munich en 1972, Israël décide de réagir et constitue un commando contre-terroriste dont la mission est d’abattre tous les responsables palestiniens impliqués dans l’attentat.
Ce qui caractérise le film : Une réflexion lucide, passionnante et fascinante de bout en bout. Un très grand film !
Note artistique : Les décors sont bien choisis et la reconstitution de l'époque est convaincante. La mise en scène, sobre et maîtrisée, tient en haleine sans abuser d’effets faciles.
Note filmographique : Le réalisateur a gagné en maturité ces dernières années avec notamment les excellents "Minority Report" et "La guerre des mondes". "Munich" est probablement son meilleur film.
Points forts : Le sujet est traité avec recul, sans parti pris ni jugement. Spielberg dénonce simplement la vanité de cette escalade de violence qui broie des vies et des destins de part et d'autre sans résoudre quoique ce soit. Sa caméra montre des individus ordinaires devenant par la force des événements des tueurs efficaces mais jamais déshumanisés. Elle filme avec compassion et humanité des personnages tour à tour bourreaux ou victimes quelque soit leur camp et leurs croyances. Ce faisant, elle renvoie dos à dos ces idéologies violentes, en quelque
sorte. L'interprétation est sans faille. Eric Bana se montre étonnant de détermination et de fragilité.
Points faibles : Aucun.
Note subjective : 9 / 10
