CinEdito

Critiques de films. Le cinéma que j'aime... ou non.

28 juillet 2007

Exilé

Exil____250Réalisateur : Johnnie To
Genre : Film de gangsters
Résumé : Avant d’exécuter un des leurs, condamné par le chef d’une triade de Hong Kong, une bande de tueurs décide de l’épauler pour réaliser un dernier coup afin qu’il puisse laisser un capital à sa famille. Mais l’opération ne se passe pas aussi bien que prévu…

Ce qui caractérise le film : Une mise en scène stylisée absolument magistrale.

Note artistique : "Exilé" est filmé comme un western, impression renforcée par le choix de l’illustration musicale. Certains cadrages sont d’une qualité exceptionnelle.

Note filmographique : Après l’excellent dyptique constitué par "Election" et sa suite, Johnnie To confirme avec "Exilé" qu’il est l’un des plus grands (si ce n’est le plus grand des) cinéastes hongkongais actuels. Justement saluée par la critique, la mise en scène de "Exilé" évoque celle de grands maîtres comme Sergio Leone, Takeshi Kitano, John Who, Brian de Palma, Tsui Hark, Quentin Tarentino…

Points forts : Bien qu’assez classique, le scénario laisse place à quelques digressions bienvenues. L’humour est en embuscade mais ne désamorce pas outre mesure la tension des scènes dramatiques. Les tueurs "sentimentaux" deviennent vite attachants. Les scènes de fusillade sont époustouflantes et réservent quelques moments d’anthologie. La mise en scène tient souvent de l’orfèvrerie et certaines séquences sont tout simplement hallucinantes de maestria.

Points faibles : Avec un peu plus de profondeur scénaristique et d’intensité dramatique, Johnnie To aurait tout simplement signé un chef d’œuvre.

Note subjective : 8 / 10

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04 juillet 2007

Le prestige

Le_prestige___250Réalisateur : Christopher Nolan
Genre : Suspense dramatique
Résumé : Après l'accident tragique qui coûta la vie à l'épouse de l'un d'entre eux, deux magiciens qui se produisent sur les scènes londoniennes se livrent une lutte âpre et sans merci, par numéros interposés.

Ce qui caractérise le film : Du grand spectacle et un excellent scénario qui aboutit à un suspense palpitant.

Note artistique : La reconstitution de l'époque, tenant à la fois de l'histoire et de l'imaginaire, fourmille de détails épatants, notamment quand la caméra visite les coulisses de l’illusionnisme. Les scènes américaines donnent lieu à quelques prises de vues magnifiques.

Note filmographique : Après le joyau "Memento", et les plutôt réussis "Insomnia" et "Batman Returns", Christopher Nolan confirme avec "Le prestige" qu'il est l'un des cinéastes actuels les plus prometteurs. D'une manière moins radicale que dans "Memento", il conte là encore son histoire en bousculant la chronologie des événements.

Points forts : "Le prestige" bénéficie d'un scénario d'une rare qualité qui mêle suspense, fantastique et rivalité dramatique. Même si certains ressorts du scénario se laissent deviner avant le terme du film, la densité dramatique est suffisante pour soutenir l'intérêt du spectateur jusqu'à la dernière seconde. Christopher Nolan a su en tirer le meilleur parti et sa mise en scène est inspirée, rythmée et parfaitement maîtrisée. L'interprétation est en tout point excellente. Une réussite et un vrai régal.

Points faibles
: Aucun

Note subjective : 8 / 10

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13 mai 2007

Président

Pr_sident___250Réalisateur : Lionel Delplanque
Genre : Thriller politique
Résumé : Un jeune diplômé, brillant et idéaliste, parvient à gagner la confiance du Président de la République dont il fréquente la fille et se voit proposé un poste de conseiller à l’Elysée. Surprenant par hasard une conversation, il met au jour les preuves d’un scandale de grande ampleur.

Ce qui caractérise le film : Par un biais détourné, "Président" offre une réflexion passionnante et nuancée sur le pouvoir dans toute sa complexité.

Note artistique : L’ambition artistique du film m’a très agréablement surpris (c’est souvent un point faible des productions françaises). Entre réalisme et fantasme, le film nous fait voyager dans les décors luxueux et les coulisses feutrées du pouvoir. La mise en scène est travaillée, variée et ambitieuse. Les cadrages et le montage sont excellents.

Note filmographique : Pour son deuxième long métrage, Lionel Delplanque fait preuve d’une étonnante maîtrise. C’est un cinéaste que je ne manquerai pas de surveiller à l’avenir.

Points forts : Le scénario évite tout manichéisme, jouant sur le contraste entre la générosité des idées et le réalisme politique. La caméra se joue des clichés du pouvoir et se montre autant à l’aise dans la sincérité des scènes intimistes que dans le machiavélisme des démonstrations politiques. L’interprétation est dans l'ensemble excellente, jusque dans les seconds rôles, et Albert Dupontel interprète avec talent et sérieux un homme d’état complexe, ambigu et habité par la fonction suprême.

Points faibles : "Président" est une pure fiction qui se garde bien toute prise de position politique.

Note subjective : 8 / 10

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12 mai 2007

Printemps, été, automne, hiver… et printemps

Printemps___t___automne__hiverRéalisateur : Kim Ki-Duk
Genre : Conte philosophique
Résumé : Le film raconte le cheminement intérieur d’un homme, de la petite enfance jusqu’à la maturité, au travers de cinq tableaux qui représentent, sous les couleurs particulières d’une saison, une période clé de sa vie.

Ce qui caractérise le film : Un spectacle contemplatif d’une très grande beauté, doublé d’une réflexion existentielle.

Note artistique : Les différents plans se déroulent dans un décor naturel unique dont on a plaisir a observer les changements au fil des saisons. On finit par "habiter" les lieux, tout simplement magnifiques.

Note filmographique : Je découvre Kim Ki-Duk au travers de ce film. Je ne manquerai pas d’y revenir.

Points forts : La simplicité de la mise en scène, sans sophistication ni artifice. La narration, essentiellement visuelle. Les prises de vue, magnifiques. Un éloge à la vie, à la nature, au rythme des jours et à la simplicité.

Points faibles : Celui qui recherche l’adrénaline passera son chemin.

Note subjective : 8 / 10

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11 mai 2007

Miami vice

Miami_vice___250Réalisateur : Michael Mann
Genre : Policier
Résumé : Après l’exécution sommaire de deux agents, il apparaît certain que les services fédéraux de Miami sont infiltrés au plus haut niveau. Afin de résoudre l’affaire, les "deux flics" sont secrètement chargés d’infiltrer un cartel de la drogue, puissant et redouté.

Ce qui caractérise le film : Une "non adaptation" de la série, mais du cinéma de divertissement comme on en redemande.

Note artistique : La caméra, nerveuse, souvent tenue à l'épaule, et le grain numérique du film, tantôt très propre, tantôt artificiellement bruité, contribuent à donner aux images un réalisme qui participe à rendre palpable la tension des évènements.

Note filmographique : "Miami Vice" ne décevra pas les admirateurs de Michael Mann (ayant apprécié "Collateral" notamment). Licence oblige, on retrouve un certain nombre d'ingrédients de la série : frime, fric, voitures de luxe, villas de rêve, hors-bord de folie, musique omniprésente ainsi que le duo de flics bien sapés. Mais la ressemblance s'arrête là : nos deux flics ressemblent davantage à des agents spéciaux d'envergure internationale qu'à des officiers de police, et une bonne moitié du film (pour le moins) se passe hors des frontières des Etats-Unis, bien loin de Miami.

Points forts : Michael Mann parvient à créer et à entretenir une tension permanente tout au long du film (à l'exception d'une parenthèse sentimentale). La sensation de stress et de danger est soutenue, et très prégnante dans certaines scènes. La fusillade finale est remarquable. Cette partie de bras de fer ou de poker menteur, longtemps indécise, s'achève en effet par une magistrale scène d'action en 2 actes, filmés d'une manière innovante, convaincante, d'une rare efficacité, et qui fera certainement date.

Points faibles : L'intérêt du film ne réside pas dans le scénario, assez conventionnel.

Note subjective : 8 / 10

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06 mai 2007

The devil's rejects

The_devil_s_rejects___250Réalisateur : Rob Zombie
Genre : Horreur
Résumé : Un shérif texan est bien décidé a venger lui même la mort de son frère en mettant hors d’état de nuire une famille de tueurs barbares qui sèment la terreur dans la région.

Ce qui caractérise le film : Immoral, violent mais magnifiquement mis en scène, c’est sans conteste une nouvelle référence qui transcende le genre.

Note artistique : L’ambiance du film renvoie sans cesse aux années 70 dans chacun de ses détails. La mise en scène et la photographie sont d’une qualité jamais vue dans le genre depuis plusieurs décennies.

Note filmographique : "The devil’s rejects" est une pseudo séquelle de "La maison des 1000 morts", première réalisation du même cinéaste et que je n’ai pas encore vue. Par ailleurs, Rob Zombie n’est autre que le fondateur du groupe de métal "White Zombie" qui a connu son heure de gloire dans les années 85-95.

Points forts : A contrario de la plupart des productions d’horreur actuelles, la mise en scène ne mise pas tout sur le suspens et les effets gore. Le film baigne dans l’horreur réaliste mais ne s’y laisse pas enfermé, grâce à un vrai scénario qui balance entre histoire de vengeance et road-movie. Sans faire l’apologie de la barbarie ou de l’auto-défense, le film est "politiquement" très incorrect.

Points faibles : Même si l’on a vu bien plus gore (la caméra insiste rarement sur les effets sanglants), c’est de l’horreur sans concession et mieux vaut avoir l’estomac bien accroché.

Note subjective : 8 / 10

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01 mai 2007

Layer Cake

Layer_cake___250Réalisateur : Matthew Vaughn
Genre : Film de gangsters
Résumé : Un dealer de cocaïne désire se retirer des affaires, mais il comprend vite que l’on ne quitte pas le milieu aussi facilement. En dépit de ses souhaits, il se voit confier une mission plutôt délicate

Ce qui caractérise le film : Ce n'est "que" du polar de divertissement, mais c'est un must dans le genre.

Note artistique : Les décors, les cadrages, la photographie, le montage et la musique sont très soignés.

Note filmographique : Pour une première réalisation c’est un coup de maître, même si la mise en scène emprunte beaucoup à celle de Scorcese (plus dans l'idée que dans la manière)

Points forts : tout a été pensé pour le plaisir ludique, visuel et sonore du spectateur. Et le plaisir ne se dément pas de la première à la dernière seconde avec une densité étourdissante.

Points faibles : Une certaine critique déplore que le film est "fabriqué". C’est sans doute vrai, mais quel fun !

Note subjective : 8 / 10

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13 avril 2007

Eternal sunshine of the spotless mind

Eternal_sunshine_of_the_spotless_mind___250Réalisateur : Michel Gondry
Genre : Drame sentimental
Résumé : À la suite d’une dispute avec son compagnon, une jeune femme a suivi un traitement révolutionnaire pour effacer de sa mémoire toute trace de celui-ci. Incrédule et désespéré, ce dernier décide de suivre le même traitement. Mais au cours de la séance il change d’avis et s’efforce désespérément de conserver le souvenir de celle qu’il aime.

Ce qui caractérise le film : C’est une belle histoire d’amour, une réflexion sur les aléas du couple, un regard critique sur une société qui prône la perfection factice et l'éphémère, et en filigrane un avertissement contre les dangers de la manipulation.

Note artistique : Le montage du film est très sophistiqué et la mise en scène fait appel à de nombreux effets qui privilégient une narration essentiellement visuelle. En ce sens, Michel Gondry démontre qu’il a parfaitement assimilé le caractère propre de l'art cinématographique.

Note filmographique : En passant de la réalisation de clips ou de publicités à celle de longs métrages, Michel Gondry a su adapter sa maîtrise technique avec beaucoup d’intelligence. La forme est très élaborée mais sait rester au second plan, servant admirablement bien le fond.

Points forts : La mise en scène est brillante. Le scénario est excellent. L’interprétation est convaincante. Les personnages et leur aventure sont attachants. C’est un film plus profond qu’il n’en a l’air de prime abord.

Points faibles : Quelques "à côtés" un peu inutiles, mais rien qui altère véritablement le plaisir du spectateur.

Note subjective : 8 / 10

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10 avril 2007

300

300___250Réalisateur : Zack Snyder
Genre : Entre péplum et héroïc fantasy
Résumé : Sous la menace de son immense armée, le roi perse Xerxès exige la soumission de Sparte. Le roi Leonidas est contraint d’aller au devant de l’ennemi avec une garde de seulement 300 hommes, une loi spartiate l’empêchant de mobiliser l’armée.

Ce qui caractérise le film : Epique, héroïque, violent, sanglant, barbare, fantastique et shakespearien.

Note artistique : "300" se démarque par une empreinte graphique singulière : décors stylisés, paysages épurés et brumeux, grain de pellicule, couleurs ternes et travaillées dans les ocres, sépias et gris contrastant avec le rouge vif des capes spartiates et du sang versé. La mise en scène use de beaucoup d’effets de ralenti.

Note filmographique : Après "L’armée des morts", remake réussi du "Zombie" de George A. Romero, Zack Snyder confirme ses talents de cinéaste dans le registre du cinéma de divertissement. Certaines scènes de batailles évoquent irrésistiblement celles de la trilogie "Le seigneur des anneaux", et la foi et la ferveur indéfectibles qui habitent le roi Leonidas rappellent celles du "Henry V" de Kenneth Branagh (et de William Shakespeare).

Points forts : L’ambiance visuelle, irréelle et fantastique, est réussie. Certaines séquences (comme l’impressionnante volée des flèches perses) sont magnifiques. Les scènes de combats en plans rapprochés sont lisibles, intenses et très prenantes. Gerard Butler interprète à merveille un roi Léonidas complètement habité par le sens de l’honneur, du sacrifice, de la probité et de l'amour des siens. Et en dépit de son thème, le film n’est pas dénué d’émotion.

Points faibles :
? Le film est sujet à polémique car il met en scène une philosophie spartiate qui prône la sélection génétique, l'élimination du plus faible, la soumission de l'individu au collectif et l'accomplissement par le combat. Comme souvent en la matière, le traitement du thème importe beaucoup plus que le thème lui-même, et personnellement, je n’ai ressenti à aucun moment l’apologie d’une idéologie fascisante. J'y ai simplement vu l’évocation factuelle d’une réalité historique et martiale dont on peut encore trouver l'écho dans nos armées modernes même si elle s'y exprime de manière moins radicale. Si Zack Snyder glorifie l’épopée spartiate, il n'en masque pas pour autant cette réalité dont il souligne l’âpreté et la cruauté dans la première partie du film.

Note subjective : 8 / 10

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25 mars 2007

Immortel

Immortel___250Réalisateur : Enki Bilal
Genre : Science fiction mystique
Résumé : Le dieu Horus est condamné à disparaître. Il lui reste sept jours pour trouver celle qui pourra porter sa descendance. Pour parvenir à ses fins, il asservit un humain condamné pour dissidence et relâché prématurément.

Ce qui caractérise le film : Une ambiance originale, fascinante et immersive. Une grande richesse narrative.

Note artistique : La déclinaison de l’univers graphique de Bilal est tout à fait convaincante et conduit à un résultat qui possède une identité visuelle unique. Les effets spéciaux en images de synthèse sont de qualité inégale. Si les décors sont très réussis, les personnages sont perfectibles. L’intégration de la synthèse dans la réalité (ou l’inverse) est néanmoins excellente.

Note filmographique : C’est le meilleur film d’Enki Bilal. La mise en scène est parfaitement maîtrisée en dépit du double défi technique et narratif. L’auteur a eu l’intelligence de ne pas adapter de manière stricte l’une de ses bandes dessinées, mais d’y piocher des éléments à partir desquels il a écrit une histoire originale.

Points forts : L’univers de "Immortel" est incroyablement cohérent compte tenu de sa diversité. Le scénario est passionnant, parsemé de multiples surprises. On suit l’histoire avec fascination et l’on se délecte de l’ambiance visuelle et sonore.

Points faibles : L’animation de certains personnages en images de synthèse est qualitativement en retrait. Mais le reste fait bien vite oublier ce petit point de détail.

Note subjective : 8 / 10

Posté par CinEdito à 22:11 - 08/10 (excellent) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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