CinEdito

Critiques de films. Le cinéma que j'aime... ou non.

21 avril 2008

Christine

Christine___250(Etats-Unis, sorti en 1984)

Réalisateur : John Carpenter

Genre : Fantastique

Résumé : Un lycéen effacé en mal de reconnaissance fait l'acquisition d'une vieille Plymouth Fury de 1958 à l'état d'épave. A force de courage et de volonté , il parvient à lui redonner son lustre d'antan et bientôt une étrange complicité s'installe entre l'homme et la voiture qui semble animée d'une vie propre.

Impressions : Un excellent film fantastique à l'ambiance très inquiétante. Certaines visions (comme Christine roulant en flammes dans la nuit) donnent véritablement le frisson.

Scénario : Le sujet est original et le cinéaste a su l'exploiter à merveille.

Personnages : La caméra de John Carpenter est parvenue à donner une âme à un objet qui en est normalement dépourvu : sous son regard, Christine devient une séductrice exclusive, jalouse et vindicative.

Considérations artistiques : Les effets spéciaux accompagnant les transformations de Christine sont toujours convaincants en dépit des années. Comme souvent, John Carpenter signe lui-même une bande originale qui s'inscrit parfaitement dans l'ambiance.

Mise en scène : Evitant les effets gore, John Carpenter s’est attaché avant tout à soigner l’atmosphère du film.

Références cinématographiques : "Christine" est souvent considéré comme l'un des films les moins personnels de John Carpenter. Il reste néanmoins l'un des meilleurs. Autre article concernant le même cinéaste : "New-York 1997".

Note subjective : 8 / 10

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24 mars 2008

Le jour d'après

Le_jour_d_apr_s___250

(Etats-Unis, sorti en 2004)

Réalisateur : Roland Emmerich

Genre : Film catastrophe

Résumé : Alors que le monde est frappé par une succession de catastrophes climatiques sans précédent, un chercheur en climatologie découvre qu'il s'agit de signes annonciateurs d'un bouleversement climatique majeur marquant le début d'une nouvelle ère glaciaire dans l'hémisphère nord. Malheureusement quand les autorités prennent enfin conscience de la gravité et de l'ampleur des changements il est déjà trop tard.

Impressions : "Le jour d'après" est une fable écologiste grandiose qui donne froid dans le dos. Le film met habilement en perspective le cataclysme à l'échelle planétaire et la dimension humaine du drame, passant par exemple d'une vue satellite globale à l'aventure des naufragés du climat tâchant de survivre dans un environnement hostile et transfiguré par la tourmente. Néanmoins, l'approche du sujet reste superficielle et l'on se situe clairement dans le domaine du film à grand spectacle peu regardant sur la vraisemblance scientifique des faits.

Considérations artistiques : Les effets spéciaux sont incroyablement réalistes et les séquences catastrophiques rendent compte de manière impressionnante de la puissance inexorable et destructrice des éléments.

Mise en scène : La mise en scène et le montage, à défaut d'être audacieux, sont plutôt efficaces.

Références cinématographiques : "Le jour d'après" est probablement le film le plus abouti du réalisateur, par ailleurs auteur du plaisant "Godzilla" du moyen "Stargate" et du médiocre "Independance day".

Note subjective : 8 / 10

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29 février 2008

Bienvenue chez les ch'tis

Bienvenue_chez_les_ch_tis___250

(France, sorti en 2008)

Réalisateur : Dany Boon

Genre : Comédie

Résumé : Sous le coup d’une sanction disciplinaire, un cadre de La Poste en fonction à Salon de Provence est muté à Bergues dans le département du Nord, objet des fantasmes météorologiques, sociaux et linguistiques les plus cauchemardesques, lesquels se dissiperont dans la bonne humeur au contact accueillant, joyeux et chaleureux des indigènes.

Impressions : L’humour de Dany Boon ne verse jamais dans la vulgarité ou le cynisme et l’on rit beaucoup et franchement (ce qui n’est pas souvent le cas avec les comédies hexagonales), certaines séquences versant dans le burlesque le plus jubilatoire. Le cinéaste tourne en dérision les clichés et les préjugés mais ne cède pas pour autant à un chauvinisme exacerbé, démystifiant avec humour les spécificités et travers régionaux.

Scénario : Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la comédie ne connaît pas de baisse de rythme et renouvelle ses ressorts comiques jusqu’à son terme. Les ficelles de la comédie ne sont pas toutes originales et toutes ne font pas mouche mais ne boudons pas notre plaisir…

Interprétation : Les acteurs sont épatants pour la plupart, y compris les seconds rôles et les figurants.

Références cinématographiques : Avec "Bienvenue chez les ch’tis", Dany Boon signe une vraie comédie de cinéma, contrairement à ce qui se passe souvent quand un humoriste de la scène ou de la télévision essaye de retranscrire son univers sur grand écran.

Note subjective : 8 / 10

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28 janvier 2008

New York 1997

New_york_1997___250Réalisateur : John Carpenter
Genre : Anticipation
Résumé : A la suite d'un acte terroriste, l'avion du président des Etats-Unis s'écrase sur l'île de Manhattan, reconvertie en une vaste zone pénitentiaire de non droit où sont assignés perpétuellement à résidence des milliers de délinquants. Voulant agir efficacement et rapidement, les autorités passent un marché avec un ancien soldat d'élite devenu criminel qui sera blanchi s'il parvient à extraire le président de la cité.

Ce qui caractérise le film : Une ambiance sombre et cyberpunk très marquée, opposant une société sécuritaire et technocratique à ses bas-fonds régressifs et violents.

Note artistique : La mise en scène de John Carpenter est empreinte de patience et de tension froide. Les effets spéciaux et les décors (la vision de Manhattan ceinte d'un mur de béton de plusieurs mètres de haut...), sobres et réalistes, tiennent encore bien la route. La plupart des scènes se passent de nuit, appuyant le climat sombre du film.

Note filmographique : Remarquable synthèse de nombreux genres cinématographiques (action musclée, violence urbaine, anarchie post-apocalyptique, totalitarisme cyberpunk, et même film de zombies) dont il s’inscrit en précurseur du renouveau à l’aube des années 80, "New York 1997" est l’un des meilleurs films de Carpenter et sans conteste le plus culte d'entre eux.

Points forts
: Le point fort de "New York 1997" réside très certainement dans son ambiance froide et pessimiste, renforcée par l'absence d'opposition manichéenne. Les personnages principaux ou secondaires, souvent très typés (ils auraient leur place dans un western spaghetti), ont tous un côté obscur et agissent essentiellement selon leurs propres intérêts ou leurs instincts les plus primaires. Aucun n'incarne un idéal ou l'espoir de lendemains meilleurs. L'impression d'insécurité et de danger est omniprésente et délicieusement inconfortable.

Points faibles : Même si on le lui pardonnera, il n'en est pas moins vrai que John Carpenter s'est laissé aller à quelques facilités comme le taxi providentiel, le revolver à 30 coups (au minimum...), ou le scénario d'évasion peu crédible.

Note subjective
: 8 / 10

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07 janvier 2008

Le renard et l'enfant

Le_renard_et_l_enfant___250Réalisateur : Luc Jacquet
Genre : Conte philosophique
Résumé : En promenade, une petite fille fait la rencontre impromptue d'une renarde. Séduite par ce premier contact, elle décide de revenir chaque jour au même endroit en espérant revoir et apprivoiser l'animal.

Ce qui caractérise le film : Un joli conte servi par des images d'une beauté renversante, à recommander aux petits mais aussi (et sans aucune réserve) aux grands.

Note artistique : "Le renard et l'enfant" n'est pas un documentaire scénarisé. C'est plutôt une fiction qui utilise les techniques du documentaire animalier. Le pays dans lequel s'inscrit cette histoire est parfaitement crédible mais néanmoins imaginaire puisque construit à partir de séquences tournées dans des lieux parfois très différents. L'esthétique du film est remarquablement soignée dans ses moindres détails.

Note filmographique : Par sa forme hybride, "Le renard et l'enfant" se situe quelque part entre "La marche de l'empereur" du même cinéaste et "L'ours" de Jean-Jacques Annaud.

Points forts : Pour qui n'a pas perdu son âme d'enfant et sa capacité d'émerveillement, "Le renard et l'enfant" est un conte limpide, sans mièvrerie et visuellement magnifique. Dans chaque plan d'un paysage, d'un arbre, d'un cours d'eau ou d'un animal, la caméra de Luc Jacquet trouve une occasion de célébrer la beauté de la nature et de la vie jusqu'à parfois la sublimer, se permettant même une incursion dans le fantastique à l'occasion d'un envoûtant tableau nocturne à l'esthétique superbe, digne des plus beaux contes de fées. La jeune actrice qui joue la petite fille est lumineuse et expressive.

Points faibles : Aucun.

Note subjective : 8 / 10

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17 décembre 2007

Lettres d'Iwo Jima

Lettres_d_Iwo_Jima___250Réalisateur : Clint Eastwood
Genre : Film de guerre
Résumé : Février 1945. Ayant subit de sérieux revers, la flotte japonaise n'est plus en mesure de stopper l'avance américaine dans le Pacifique. La résistance nippone s'organise sur la petite île d'Iwo Jima qui constitue désormais une étape stratégique sur la route qui sépare l'armée américaine du Japon. La bataille qui s'annonce est inégale et sans issue, les troupes japonaises ne pouvant compter sur aucun renfort.

Ce qui caractérise le film : "Lettres d'Iwo Jima" est un magnifique film de guerre qui s'attache davantage à rendre compte des comportements humains parfois contradictoires qu'à glorifier les exploits guerriers.   

Note artistique : Sous l'influence de ses deux scénaristes, le film tient à la fois du cinéma japonais et du cinéma américain dans la forme comme dans l'esprit. La mise en scène "à l'ancienne" est réaliste et patiente, spectaculaire mais sans emphase. La photographie, aux couleurs ternes à la limite du noir et blanc, est vraiment superbe.

Note filmographique
: "Lettres d'Iwo Jima" m'a davantage séduit que "Mémoires de nos pères" également signé par Clint Eastwood (les deux films racontent le même épisode de la seconde guerre mondiale vu par chacun des camps). Plus sobre et recentré sur son sujet, il en reprend les qualités sans les longueurs ni les défauts. C'est au final l'un des meilleurs films du cinéaste qui a toutes les qualités pour devenir un classique.

Points forts : Au travers des choix et destins des différents protagonistes, le film brosse sans manichéisme le portrait d'un Japon qui cherche sa voie entre tradition et modernisme, conjuguant, avec un formidable talent, le sens de l'honneur selon deux temps différents : le code d'honneur d'une part et la conviction humaniste d'autre part. L'interprétation est lumineuse, digne des grands classiques du cinéma japonais.

Points faibles
: Comme l'on pouvait le craindre de la part de Paul Haggis (l'un des deux scénaristes), l'aspect mélodramatique de certaines scènes est parfois un peu trop appuyé.

Note subjective : 8 / 10

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08 octobre 2007

Ne le dis à personne

Ne_le_dis___personne___250Réalisateur : Guillaume Canet
Genre : Thriller
Résumé : Lors d'un week-end à la campagne, un couple est victime d'une mystérieuse agression. La jeune femme est enlevée puis assassinée tandis que son époux est quasiment laissé pour mort. Des années plus tard, alors qu'il ne s'est pas complètement remis de ce drame, l'homme reçoit par Internet une vidéo sur laquelle il croit reconnaître son épouse. Il se lance aussitôt dans une enquête qui va le mener de surprise en surprise.

Ce qui caractérise le film : Un thriller au suspense palpitant, à la fois sensible et efficace.

Note artistique : La mise en scène, l'image et la bande originale sont d'excellente qualité et servent judicieusement la tonalité et la progression du récit.

Note filmographique : Il s'agit du deuxième film de Guillaume Canet. Le premier, "Mon idole", ne m'avait pas vraiment convaincu, mais c'est tout le contraire avec celui-ci.

Points forts : "Ne le dis à personne" est tout simplement le meilleur thriller "made in France" qu'il m'ait été donné de voir depuis bien longtemps. La mise en scène tire le meilleur parti d'un scénario retord et atteint un équilibre rare entre suspense psychologique, action, rebondissements, et véracité des personnages. Si la "french touch" a souvent le défaut de gommer la fantaisie et l'émotion brute au profit exclusif de la réalité et d'une émotion plus cérébrale, ce n'est pas le cas ici car "Ne le dis à personne" parvient à ménager les unes et les autres. L'interprétation est excellente, avec une mention toute particulière pour François Cluzet et André Dussolier.

Points faibles : Sans objet.

Note subjective : 8 / 10

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28 juillet 2007

Exilé

Exil____250Réalisateur : Johnnie To
Genre : Film de gangsters
Résumé : Avant d’exécuter un des leurs, condamné par le chef d’une triade de Hong Kong, une bande de tueurs décide de l’épauler pour réaliser un dernier coup afin qu’il puisse laisser un capital à sa famille. Mais l’opération ne se passe pas aussi bien que prévu…

Ce qui caractérise le film : Une mise en scène stylisée absolument magistrale.

Note artistique : "Exilé" est filmé comme un western, impression renforcée par le choix de l’illustration musicale. Certains cadrages sont d’une qualité exceptionnelle.

Note filmographique : Après l’excellent dyptique constitué par "Election" et sa suite, Johnnie To confirme avec "Exilé" qu’il est l’un des plus grands (si ce n’est le plus grand des) cinéastes hongkongais actuels. Justement saluée par la critique, la mise en scène de "Exilé" évoque celle de grands maîtres comme Sergio Leone, Takeshi Kitano, John Who, Brian de Palma, Tsui Hark, Quentin Tarentino…

Points forts : Bien qu’assez classique, le scénario laisse place à quelques digressions bienvenues. L’humour est en embuscade mais ne désamorce pas outre mesure la tension des scènes dramatiques. Les tueurs "sentimentaux" deviennent vite attachants. Les scènes de fusillade sont époustouflantes et réservent quelques moments d’anthologie. La mise en scène tient souvent de l’orfèvrerie et certaines séquences sont tout simplement hallucinantes de maestria.

Points faibles : Avec un peu plus de profondeur scénaristique et d’intensité dramatique, Johnnie To aurait tout simplement signé un chef d’œuvre.

Note subjective : 8 / 10

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04 juillet 2007

Le prestige

Le_prestige___250Réalisateur : Christopher Nolan
Genre : Suspense dramatique
Résumé : Après l'accident tragique qui coûta la vie à l'épouse de l'un d'entre eux, deux magiciens qui se produisent sur les scènes londoniennes se livrent une lutte âpre et sans merci, par numéros interposés.

Ce qui caractérise le film : Du grand spectacle et un excellent scénario qui aboutit à un suspense palpitant.

Note artistique : La reconstitution de l'époque, tenant à la fois de l'histoire et de l'imaginaire, fourmille de détails épatants, notamment quand la caméra visite les coulisses de l’illusionnisme. Les scènes américaines donnent lieu à quelques prises de vues magnifiques.

Note filmographique : Après le joyau "Memento", et les plutôt réussis "Insomnia" et "Batman Returns", Christopher Nolan confirme avec "Le prestige" qu'il est l'un des cinéastes actuels les plus prometteurs. D'une manière moins radicale que dans "Memento", il conte là encore son histoire en bousculant la chronologie des événements.

Points forts : "Le prestige" bénéficie d'un scénario d'une rare qualité qui mêle suspense, fantastique et rivalité dramatique. Même si certains ressorts du scénario se laissent deviner avant le terme du film, la densité dramatique est suffisante pour soutenir l'intérêt du spectateur jusqu'à la dernière seconde. Christopher Nolan a su en tirer le meilleur parti et sa mise en scène est inspirée, rythmée et parfaitement maîtrisée. L'interprétation est en tout point excellente. Une réussite et un vrai régal.

Points faibles
: Aucun

Note subjective : 8 / 10

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13 mai 2007

Président

Pr_sident___250Réalisateur : Lionel Delplanque
Genre : Thriller politique
Résumé : Un jeune diplômé, brillant et idéaliste, parvient à gagner la confiance du Président de la République dont il fréquente la fille et se voit proposé un poste de conseiller à l’Elysée. Surprenant par hasard une conversation, il met au jour les preuves d’un scandale de grande ampleur.

Ce qui caractérise le film : Par un biais détourné, "Président" offre une réflexion passionnante et nuancée sur le pouvoir dans toute sa complexité.

Note artistique : L’ambition artistique du film m’a très agréablement surpris (c’est souvent un point faible des productions françaises). Entre réalisme et fantasme, le film nous fait voyager dans les décors luxueux et les coulisses feutrées du pouvoir. La mise en scène est travaillée, variée et ambitieuse. Les cadrages et le montage sont excellents.

Note filmographique : Pour son deuxième long métrage, Lionel Delplanque fait preuve d’une étonnante maîtrise. C’est un cinéaste que je ne manquerai pas de surveiller à l’avenir.

Points forts : Le scénario évite tout manichéisme, jouant sur le contraste entre la générosité des idées et le réalisme politique. La caméra se joue des clichés du pouvoir et se montre autant à l’aise dans la sincérité des scènes intimistes que dans le machiavélisme des démonstrations politiques. L’interprétation est dans l'ensemble excellente, jusque dans les seconds rôles, et Albert Dupontel interprète avec talent et sérieux un homme d’état complexe, ambigu et habité par la fonction suprême.

Points faibles : "Président" est une pure fiction qui se garde bien toute prise de position politique.

Note subjective : 8 / 10

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