CinEdito

Critiques de films. Le cinéma que j'aime... ou non.

23 juin 2008

Red road

Red_road___250(Grande-Bretagne, sorti en 2006)

Réalisateur : Andrea Arnold

Genre : Suspense psychologique

Résumé : Une jeune femme qui travaille pour une société de vidéo-surveillance des rues de Glasgow reconnaît sur ses écrans la silhouette d'un homme qu'elle croyait en prison. Elle apprend que ce dernier, responsable d'un drame personnel qui a brisé sa vie, a bénéficié d'une mesure de libération conditionnelle. Usant des moyens techniques à sa disposition, elle entreprend alors de surveiller ses moindres faits et gestes, persuadée qu'il ne peut que commettre un nouvel écart.

Impressions : "Red road" est un film dur et subtil sur le deuil. En dépit d'un scénario qui peut paraître classique à la base, c'est une œuvre austère, adulte, crue et étonnante dans la forme, évitant les clichés du cinéma de pur divertissement et portant un regard à la fois sombre et optimiste sur la nature humaine.

Scénario : Sans sacrifier le fond à la forme, le scénario propose néanmoins un vrai suspense, digne d'un très bon thriller.

Interprétation : L'interprétation est à tout point de vue d'une très grande justesse.

Considérations artistiques : L'histoire prend place dans le décor et l'ambiance sociale d'une banlieue désœuvrée. Ce réalisme n'empêche pas le film de bénéficier d'une belle photographie.

Références cinématographiques : Par sa thématique et sa narration, "Red road" rappelle "Je vais bien ne t'en fais pas" de Philippe Lioret. Par son ambiance et le milieu qu'il décrit, il s'inscrit dans la lignée du cinéma réaliste et social britannique de ces dernières années.

Critiques et récompenses : "Red road" a reçu le prix du jury au festival de Cannes 2006.

Note subjective : 7 / 10

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16 juin 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Indiana_jones_et_le_royaume_du_cr_ne_de_cristal___250(Etats-Unis, sorti en 2008)

Réalisateur : Steven Spielberg

Genre : Aventures

Résumé : Le célèbre Dr Jones est appelé à la rescousse de l'un de ses éminents collègues qui a disparu alors qu'il s'apprêtait à ramener une étrange relique dans une cité mythique d'Amérique du sud. Alors qu’il marche dans les traces de son vieil ami, l’archéologue découvre que les soviétiques s’intéressent de près à ladite relique.

Impressions : Ressusciter le personnage d'Indiana Jones dans une 4ème aventure, 19 années après le 3ème volet, était une entreprise pour le moins audacieuse, défi que Steven Spielberg a relevé avec succès, signant un pur divertissement débarrassé de toute ambition superfétatoire. Le retour de l'archéologue est indéniablement réussi et les ficelles de l'aventure fonctionnent une fois encore, grâce à ce cocktail inimitable de jeu de piste, bagarres, poursuites échevelées, cascades ébouriffantes, menaces létales et décors inquiétants, assaisonné d'une bonne dose d'humour.

Scénario : Comme il se doit, le scénario est linéaire et improbable, assez proche de celui du premier volet dans sa construction. C'est un véritable hommage à la série B comme on l'aime qui joue sur la corde de la nostalgie et fait la part belle à une action trépidante. Les à-côtés politiques ou familiaux de l'aventure sont très superficiels et peu convaincants mais dans le feu de l'action on n'y prête guère attention.

Personnages : Toujours dans l'esprit "série B", les méchants du film, délicieusement caricaturaux, sont très plaisants avec au premier chef une scientifique soviétique incarnée par Cate Blanchett qui semble s'être beaucoup amusée à tenir le rôle. C'est avec le même plaisir que l'on retrouve le personnage d'Indiana Jones, certes marqués par les ans, mais toujours en verve, opiniâtre et plutôt en forme.

Références cinématographiques : Il est tentant de vouloir comparer cet "Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal" avec ses prédécesseurs ("Les aventuriers de l’arche perdue", "Indiana Jones et le temple maudit", "Indiana Jones et la dernière croisade" de Steven Spielberg). Sans parvenir à égaler le premier épisode, c'est probablement celui qui s'en rapproche le plus dans l'esprit et la manière. Autre article concernant le même cinéaste : "Munich".

Note subjective : 7 / 10

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26 mai 2008

La vie des autres

La_vie_des_autres___250(Allemagne, sorti en 2007)

Réalisateur : Florian Henckel von Donnersmarck

Genre : Drame

Résumé : Désirant obtenir les faveurs exclusives d'une très belle actrice, un haut dignitaire politique de la RDA ordonne la mise sous écoute de l’auteur de théâtre à succès avec lequel elle vit, faisant pression sur les services de la Stasi pour que soit prouvée à tout prix sa dissidence. Mais à l'écoute de l'intimité du couple, l'officier chargé de la surveillance découvre avant tout un univers fait de culture et de sensibilité qui lui était inconnu jusqu'alors, et décide de falsifier les rapports qu'il communique à sa hiérarchie.

Impressions : "La vie des autres" est un thriller politique oppressant doublé d'un regard optimiste sur l'individu. L'atmosphère étouffante de l'ex-RDA, sous le contrôle impitoyable de la Stasi, est très bien rendue, de même que les enjeux personnels et politiques qui sous-tendent les motivations des protagonistes. Le film évoque les mécanismes et effets de boomerang qui font que la suspicion exacerbée d'un pouvoir peut devenir le propre moteur de sa dissidence, et qui font que l'individu intègre qui assure l'efficacité d'un système peut être le premier à se retourner contre celui-ci s'il est détourné de son usage légitime (un ressort souvent utilisé dans la littérature ou le cinéma engagé).

Scénario : Le film vaut plus par son traitement que par son scénario proprement dit. Les principaux rebondissements de l'intrigue, l'entrée en dissidence de l'auteur de théâtre d'une part et la conversion de l'officier de la Stasi d'autre part sont abordés de manière trop précipitée et semblent un peu trop artificiels. Néanmoins, la conclusion de l'histoire, de l’événement qui marque la clôture des écoutes jusqu'à l'épilogue quelques années plus tard est émouvante et réussie, rattrapant sur le fil ces petites maladresses scénaristiques.

Personnages : L'évolution psychologique de l'impassible et discret officier en charge des écoutes constitue l’un des principaux attraits du film.

Interprétation : De manière générale, l'interprétation est excellente, avec une mention toute particulière pour Ulrich Mühe qui interprète avec finesse un officier de la Stasi froid, méthodique et efficace s’éveillant à la vie en découvrant la force inexorable des émotions et des sentiments.

Mise en scène : La mise en scène est soignée mais la caméra a trop souvent recours à des cadrages en grand angle qui déforment l'image.

Critiques et récompenses : "La vie des autres" a reçu de nombreuses récompenses dont l’oscar du meilleur film étranger en 2007.

Note subjective : 7 / 10

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09 mai 2008

Iron man

Iron_man___250(Etats-Unis, sorti en 2008)

Réalisateur : Jon Favreau

Genre : Science fiction

Résumé : Un richissime ingénieur et industriel de l’armement est enlevé par un groupe terroriste alors qu’il effectuait la démonstration d’un missile en Afghanistan. Il parvient à leur échapper en concevant et fabriquant une armure volante pendant sa détention. De retour aux Etats-Unis il décide de stopper ses activités de marchand d’armes, au grand désarroi d’une partie de son entourage,  et entreprend de travailler sur une version améliorée de son armure volante dans un but pacifique et humanitaire.

Impressions : Si on le compare à tous ceux qui l’ont précédé, "Iron man" est un film de super-héros véritablement singulier. C’est néanmoins une vraie réussite et peut être le meilleur film du genre depuis "Spiderman 2" de Sam Raimi. Cerise sur le gâteau : l’humour est omniprésent, sans que jamais le film ne verse dans la farce.

Scénario : La genèse de l’armure et du personnage d’Iron Man occupent la plus grande partie du film, l’action restant un peu en retrait. Cet aspect de l’histoire est abordé avec un soin rarement vu dans le genre et s’avère passionnant à tous les points de vue.

Personnages : Là encore le film se démarque par un personnage aux antipodes du super-héros habituel : un play-boy surdoué, capricieux et sûr de lui, l’anti Bruce Wayne par excellence. Même son revirement psychologique (son âme s’humanise à mesure qu’il bâtit sa carapace de technologie et de métal : tout un symbole !) ne parvient pas à entamer le côté fantasque et imprévisible du personnage.

Interprétation : Robert Downey Jr et Jeff Bridges sont tous les deux excellents et sont pour beaucoup dans l’intérêt du film.

Références cinématographiques : Très proche de "Batman" (de Tim Burton) dans son concept (le héros est un milliardaire et il ne doit sa force qu’à une technologie d’avant-garde et non à quelque super-pouvoir), "Iron man" a su s’en démarquer intelligemment par une approche originale.

Note subjective : 7 / 10

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28 avril 2008

Le pacte des loups

Le_pacte_des_loups___250

(France, sorti en 2001)

Réalisateur : Christophe Gans

Genre : Thriller fantastico-historique

Résumé : Un chevalier naturaliste est dépêché par le roi en Gevaudan où sévit une bête sauvage qui ensanglante le pays. Accompagné d'un chasseur amérindien avec lequel il s'est lié d'amitié, il est chargé d'empailler l'animal une fois son élimination assurée par les troupes royales. Mais la traque s'avère bien plus étrange et difficile que prévu...

Impressions : L'un des principaux mérite de "Le pacte des loups" est d'être parvenu à composer avec une multiplicité de genres (historique, fantastique, thriller, arts martiaux) tout en conservant une belle cohérence. L'ambiance de la traque, mélange de crainte, de mystère et d'excitation, entretient l'intérêt de manière constante.

Scénario : Les péripéties ne manquent pas et le film parvient à brouiller les pistes, maintenant un certain suspense jusqu'à l'orée de sa conclusion. Néanmoins, le scénario n'est pas totalement convaincant, ladite conclusion étant un peu tirée par les cheveux et par là décevante.

Interprétation : L'interprétation est assez inégale.

Considérations artistiques : La photographie est magnifique et donne lieu à nombre de séquences superbes aux couleurs contrastées. Les décors et costumes sont élaborés et variés, possédant une identité esthétique forte, entre fantaisie (évoquant parfois la bande dessinée) et authenticité. La chorégraphie des combats est particulièrement soignée et la caméra fait honneur à la prestation physique toute en finesse de Marc Dacascos.

Références cinématographiques : Après un "Crying freeman" moyennement convaincant mais prometteur, Christophe Gans a réalisé avec "Le pacte des loups" l'un des meilleurs films de genre que le cinéma français ait produit. Autre(s) article(s) concernant le même cinéaste : "Silent hill".

Note subjective : 7 / 10

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21 avril 2008

Raisons d'état

Raisons_d__tat___250(Etats-Unis, sorti en 2007)

Réalisateur : Robert de Niro

Genre : Chronique dramatique

Résumé : Fruit d'une certaine élite de la nation américaine, un jeune et brillant étudiant accepte de servir son pays en intégrant les services américains de contre-espionnage basés à Londres pendant la seconde guerre mondiale. Après la guerre, il est sollicité pour fonder la CIA dont la mission est de contrecarrer l'influence du communisme dans le monde et en devient l'un des piliers. Des années plus tard, après l'échec cuisant du débarquement américain dans la Baie des Cochons, qui visait à déstabiliser la toute jeune révolution cubaine, il se retrouve sur la sellette et doit de toute urgence découvrir l'origine interne des fuites qui ont conduit au désastre.

Impressions : Un peu à la manière d'un roman de John Le Carré, "Raison d'état" porte un regard réaliste et dénoué de romantisme sur l'univers de l'espionnage qui corrompt la personnalité, gomme toute humanité et détruit les relations sociales. Au passage, il brosse le portrait d'une société américaine élitiste et impérialiste qui n'a d'égard que pour ses propres intérêts.

Scénario : Brassant plusieurs décennies, le scénario évoque le contexte social, international et politique qui a présidé à la constitution de la CIA, avec en perspective le destin personnel et familial d'un homme entièrement dévoué à sa fonction. Les deux aspects, public et privé, de l'histoire s'imbriquent très bien ensemble.

Interprétation : Si la distribution des seconds rôles ne mérite aucun reproche, c'est un peu moins vrai en ce qui concerne les premiers rôles, avec notamment un Matt Damon qui n'est pas toujours parfaitement crédible en fonctionnaire impitoyable et taciturne.

Mise en scène : Le montage est assez élaboré, alternant des séquences qui se déroulent à différentes époques et en différents lieux. Cependant le scénario reste à tout moment parfaitement lisible grâce un rythme posé et à une narration bien maîtrisée.

Références cinématographiques : Après une première œuvre plus personnelle ("Il était une fois le Bronx") qui était déjà une réussite, Robert de Niro confirme un vrai talent de cinéaste en maîtrisant avec succès un sujet très ambitieux.

Note subjective : 7 / 10

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11 avril 2008

La zona

La_zona___250(Mexique, sorti en 2008)

Réalisateur : Rodrigo Pla

Genre : Drame d’anticipation

Résumé : La zona est un vaste quartier résidentiel privé où une population privilégiée vit recluse, protégée par de hauts murs, un système de vidéo-surveillance et une milice privée. Profitant d’une opportunité accidentelle, trois jeunes délinquants pénètrent dans l’enceinte pour commettre un cambriolage. Mais les choses tournent mal, laissant quatre victimes sur le carreau. Pour préserver leurs privilèges, les résidents décident à la majorité de dissimuler les faits à la police et de se faire justice eux-mêmes, entreprenant de traquer le dernier voyou encore en vie.

Impressions : Vision terrifiante et pessimiste d’un avenir possible (de telles zones de résidence privées et surveillées existent déjà, notamment aux Etats-Unis), "La zona " dénonce la dérive fascisante d’une société sécuritaire, mais également le pouvoir exorbitant et corrupteur de l’argent tout puissant.

Scénario : Le scénario est surprenant, faussement linéaire, prenant sans prévenir un virage à 180 degrés, tant et si bien que la conclusion de "La zona" tombe comme un coup de massue, terriblement émouvante (mes joues s’en souviennent…).

Personnages : Parmi la multitude de protagonistes égarés dans les sombres dédales de l’inhumanité, surnagent heureusement quelques personnages équilibrés qui laissent percer une lueur d’espoir sur le caractère non inéluctable de la bêtise, de la haine et des préjugés.

Critiques et récompenses : Le film a reçu le Lion du meilleur premier film au Festival de Venise.

Note subjective : 7 / 10

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Il était une fois en Chine II

Il__tait_une_fois_en_chine_II___250(Hong-Kong, sorti en 2000)

Réalisateur : Tsui Hark

Genre : Film d'arts martiaux

Résumé : En l’an 1895, la présence des comptoirs occidentaux en Chine influe de plus en plus sur le mode de vie des chinois, bousculant leurs traditions millénaires. Si certains veulent y voir une certaine forme de progrès et la promesse d'un enrichissement mutuel entre les deux civilisations, d'autres craignent une diminution de leur influence et s'y opposent farouchement. C’est dans ce contexte qu’apparaît la secte du lotus blanc, une organisation radicale, violente et xénophobe qui terrorise indifféremment l’envahisseur et la population locale. Un maître en arts martiaux décide alors de s’opposer à la menace sectaire.

Impressions : Un film d'aventures spectaculaire et très distrayant.

Scénario : Délivrant un message de tolérance et de respect des différences culturelles, le scénario est intelligemment ancré dans une réalité historique qui lui donne de la substance. Le ton est sensiblement plus dramatique que dans "Il était une fois en Chine".

Personnages : Les personnages, déjà présents dans le premier épisode, gagnent en nuances et en maturité, partagés entre modernisme et tradition jusque dans l'expression de leurs sentiments.

Considérations artistiques : La chorégraphie des combats, magnifique, est un modèle du genre.

Mise en scène : La qualité et la variété des cadrages donnent beaucoup de relief à la mise en scène.

Références cinématographiques : Plus ambitieuse sur de nombreux points, cette suite surpasse le premier volet, déjà bien plaisant.  Autre article concernant le même cinéaste : "Seven swords".

Note subjective : 7 / 10

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07 avril 2008

La cité interdite

La_cit__interdite___250(Chine, sorti en 2007)

Réalisateur : Zhang Yimou

Genre : Tragédie

Résumé : A l'abri de la Cité Interdite, régie par un protocole incontournable et étouffant, l'empereur de Chine contrôle ses sujets d'une main de fer, en particulier ses deux fils nés d'un premier mariage et sa seconde épouse. En proie à d'étranges malaises, l'impératrice soupçonne son époux de l'empoisonner à petit feu et fomente un complot pour renverser le tyran et prendre le pouvoir.

Impressions : Plus qu'un simple divertissement spectaculaire, "La cité interdite" évoque de façon terrifiante un pouvoir tyrannique absolu capable d'annihiler toute humanité en celui qui le détient et de broyer sans pitié toute existence pouvant lui faire obstacle. Le drame a ici la force d'une tragédie antique.

Scénario : La dimension politique de l'intrigue écrase les histoires et personnages secondaires et l'on a du mal à s'intéresser à ceux-ci. La séquence qui se déroule en dehors de la Cité Interdite est sans doute la moins intéressante du film.

Personnages : Jusqu'à son terme, le bras de fer qui oppose l'impératrice à l'empereur est passionnant. Le film dépeint avec habileté la personnalité de chacun des membres de la famille impériale, sclérosée par les conventions et traditions d'une cage dorée. Au delà des privilèges et de la magnificence, le sort des puissants n'est en définitive guère plus enviable que celui du plus humble de leurs serviteurs.

Considérations artistiques : Les décors et costumes sont d'un kitsch absolu mais l'esthétique du film est véritablement cohérente, grandiose et somptueuse.

Mise en scène : La scène de bataille finale est magnifique et impressionnante.

Références cinématographiques : Dans l’œuvre récente du cinéaste, inspirée par le genre du film de sabre et d'arts martiaux, "La cité interdite" se situe davantage dans la lignée de "Hero" que de celle de "Le secret des poignards volants", moins créatif que le premier mais plus profond que le second.

Note subjective : 7 / 10

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31 mars 2008

Beaufort

Beaufort___250

(Israël, sorti en 2008)

Réalisateur : Joseph Cedar

Genre : Film de guerre

Résumé : Retranché dans un fort du sud Liban datant de l'époque des croisades, une petite garnison de l'armée israélienne attend le signal de la retraite. Sous le feu parfois meurtrier d'un Hezbollah invisible (il n'y a aucune scène de combat), la petite garnison de Beaufort est partagée entre l'ennui d'un quotidien routinier et la peur d'un danger permanent et palpable. Les hommes ne rêvent pas d'exploits guerriers mais dialoguent et se serrent moralement les coudes, pleurant les victimes d'une stratégie purement politique en espérant le retour prochain à une vie civile ordinaire.

Impressions : L'ambition de "Beaufort" est clairement de démontrer que l'être humain, quelles que soient ses convictions et sa force de caractère, n'est aucunement fait pour la guerre. L’unité de lieu, la distance physique de l’ennemi, le manque de repères temporels, le peu d’information provenant du monde extérieur et l’absence de parti pris idéologique contribuent à instaurer une ambiance factuelle, singulière et immersive.

Personnages : La principale réussite de "Beaufort" réside dans le regard sensible et non manichéen porté sur des soldats qui affrontent les événements avec leurs forces et leurs faiblesses et auxquels on s’identifie facilement. C’est particulièrement le cas du jeune officier qui commande la garnison, porté et écrasé par des responsabilités qu’il assume pourtant avec un remarquable sang froid.

Considérations artistiques : La photographie est belle en ce sens qu'elle est bien adaptée au sujet. La colorimétrie est terne, l'image granuleuse et l'exposition parfois très contrastée.

Mise en scène : Les cadrages sont réussis, le plus souvent serrés sur les visages (un peu trop systématiquement peut-être), sachant exploiter de temps en temps les perspectives d'un décor qui évoque les tranchées de 14-18 ou les coursives d'un sous-marin.

Note subjective : 7 / 10

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