30 juin 2008
Planète terreur
(Etats-Unis, sorti en 2007)
Réalisateur : Robert Rodriguez
Genre : Parodie de série Z
Résumé : Un commando de mercenaires prend possession d'une base militaire où un scientifique tente de mettre au point un agent biochimique qui améliore les capacités humaines, entraînant malheureusement une accoutumance et de fâcheux effets secondaires. Pendant l'attaque, un stock de ladite substance s'échappe dans l'atmosphère et contamine toute la région, transformant la population en zombies ivres de sang.
Impressions : Nonobstant quelques idées ou personnages assez fun, "Planète terreur" s'avère pauvre et lassant sur la durée car misant tout sur une ambiance potache, déjantée, excessivement gore et sans imagination.
Personnages : Les personnages sont très pittoresques, dans un esprit très "BD" qui passe cependant mieux dans un film comme "Sin City" du même Robert Rodriguez que sous cette forme.
Mise en scène : Le film est précédé d'une fausse bande annonce assez sympa qui met le doigt là où ça fait mal, car à vrai dire les idées délirantes du film ne valaient elles-mêmes pas plus qu'une bande annonce. Si la pellicule a subit un traitement visuel rétro en hommage à un certain cinéma de série Z, la mise en scène, beaucoup trop actuelle, ne suit malheureusement pas cette logique cosmétique.
Références cinématographiques : Relevant d'une démarche commune, "Planète terreur" s'avère sensiblement moins convaincant que "Boulevard de la Mort" de Quentin Tarantino.
Note subjective : 4 / 10
28 avril 2008
Shoot'em up
(Etats-Unis, sorti en 2007)
Réalisateur : Michael Davis II
Genre : Action
Résumé : Témoin d'une tentative d'assassinat contre une jeune femme enceinte, un marginal s'interpose et se retrouve malgré lui avec un nouveau né sur les bras. Il devient vite la cible d'une organisation criminelle prête à tout pour l'éliminer.
Impressions : Un film d'action "pop-corn" survolté, aux gunfights assez fun mais radicalement irréalistes.
Scénario : Le scénario, mal ficelé, n'est qu'un prétexte, comme c'est souvent le cas dans l'univers vidéoludique dont s'est inspiré à l'évidence le réalisateur. La preuve en est que le film glorifie volontairement ou involontairement dans la forme ce qu'il prétend dénoncer dans le fond, c'est à dire la vente libre, la prolifération et l'usage intensif des armes à feu.
Considérations artistiques : Sans révolutionner le genre, les gunfights et les cascades confèrent à l'action non-stop un caractère ludique parfois plaisant.
Mise en scène : Dans la forme, un certain détachement humoristique rend l'entreprise sinon sympathique du moins acceptable.
Références cinématographiques : Laissant au final une impression assez semblable à "Hyper tension" de Marc Neveldine, "Shoot'em up" évoque sur le plan formel le cinéma de John Woo dans ce qu'il a d'excessif.
Note subjective : 4 / 10
24 mars 2008
Infernal affairs 3
(Hong-Kong, sorti en 2003)
Réalisateur : Andrew Lau et Alan Mak
Genre : Policier
Résumé : Blanchi à l'issue d'une enquête sur le meurtre d'un flic dont il fut le principal témoin, un policier ex-agent de la mafia réintègre le service actif après une longue période de mise à l'écart. Bien vite il soupçonne un de ses collègues aux méthodes brutales d'être lui aussi une taupe et craint d'être démasqué. Renouant avec les fantômes du passé, il sombre peu à peu dans la schizophrénie et la paranoïa.
Impressions : L'ambiance est tendue jusqu'à verser dans la paranoïa, mais cette suite, trop alambiquée, piétine.
Scénario : Trop ambitieux, le scénario est brouillon et peu intéressant, voulant à tout prix développer une nouvelle histoire (toujours dans la même veine) tout en cultivant un lien fort avec les opus précédents auxquels il prétend apporter une nouvelle substance. De plus, le film peine à conclure au travers d'un épilogue qui n'en finit pas.
Personnages : "Infernal affairs 3" se penche plus que jamais sur la psychologie des personnages, explorant les voies de la culpabilité et des troubles de la personnalité. Mais les nouveaux personnages sont peu intéressants comparés à ceux que l'on a croisé dans les épisodes précédents et les connexions entre eux sont trop artificielles.
Mise en scène : Le montage est complexe renvoyant sans cesse aux deux opus précédents ou à d'autres événements passés. C'est parfois difficile à suivre.
Références cinématographiques : Dans la trilogie des "Infernal affairs", ce 3ème volet est sans conteste le moins intéressant. Autre article concernant les mêmes cinéastes : "Infernal affairs 2".
Note subjective : 4 / 10
26 septembre 2007
28 semaines plus tard
Réalisateur : Danny Boyle... Euh... Juan Carlos Fresnadillo
Genre : Horreur et science fiction
Résumé : 28 semaines après la contamination de la Grande Bretagne par un virus capable de transformer tout individu en zombie assoiffé de sang, il n'y a plus âme qui vive sur tout le territoire et l'épidémie semble enfin éteinte. Un contingent de l'US Army occupe Londres et organise le rapatriement de britanniques exilés pour commencer le repeuplement. Malheureusement, il subsiste un foyer viral et l'horreur refait surface.
Ce qui caractérise le film : Mal orchestrés par une caméra épileptique, de l'horreur sans concession et une critique de l’interventionnisme américain.
Note artistique : Le film réserve quelques scènes spectaculaires servies par des effets spéciaux numériques irréprochables, si ce n'est que probablement du fait des techniques utilisées pour intégrer ces effets spéciaux à des prises de vues réelles, la photographie est froide, les couleurs s'expriment dans une palette de pastels grisâtres et la pellicule accuse un grain certain, comme dans beaucoup de grosses productions récentes. Par ailleurs, la caméra est sans cesse en mouvement (vues aériennes tournoyantes, zooms, plans rapprochés à l'épaule, tremblements syncopés,...) et le long métrage finit par ressembler à un très (trop) long clip. Le tout est accompagné d'une illustration musicale grave et lancinante, mais surtout envahissante car utilisée de manière trop répétitive.
Note filmographique : Contrairement à ce qu'il semble, il est évident que le film porte la patte de Danny Boyle, même si celui-ci endosse cette fois le rôle de producteur, en ce sens qu'il présente exactement, mais de manière exacerbée, les mêmes défauts que "Sunshine", son précédent long métrage en tant que réalisateur : scénario bâclé, abus des mêmes ficelles narratives, direction d'acteur médiocre, mise en scène ampoulée... Danny Boyle a visiblement été impressionné par l'excellent "Les fils de l'homme" d'Alfonso Cuaron, mais moins sobre et inspiré que pour le sympathique "28 jours plus tard" - premier volet de ces aventures apocalyptiques - il n'est parvenu qu'à produire une œuvre digne de Michael Bay ou Tony Scott.
Points forts : Il est clair que Juan Carlos Fresnadillo ou Danny Boyle (on ne sait plus…) ont tout misé sur l'aspect visuel de quelques scènes chocs comme l'excellente et dramatique scène d'introduction. Prises isolement, ces séquences sont violentes, terrifiantes, efficaces et spectaculaires, participant à donner au film un ton sombre et pessimiste. Mais qu'il soit dit que cette ambiance est bien le seul critère qui sauve "28 semaines plus tard" du naufrage.
Points faibles : La critique politique tombe à plat car elle manque singulièrement de crédibilité, non pas sur le plan visuel mais sur le plan scénaristique. La construction narrative manque de recul et de rigueur, trahissant un scénario creux et bâclé qui recycle jusqu'à l'ennui le ressort dramatique des protagonistes se sacrifiant pour sauver le groupe (exactement comme dans "Sunshine"). C'en est à tel point que l'on assiste sans aucune émotion au destin atroce d’un soldat US - pourtant brûlé vif au lance-flammes ! - puisque son sacrifice à venir était quasiment annoncé dans la scène précédente. Il résulte de cette faiblesse narrative des longueurs qu'un remplissage visuel et sonore sophistiqué ne parvient pas à combler. Ultime grief et non des moindres : la répétition des prises de vues hystériques finit par martyriser des globes oculaires par ailleurs assez éprouvés.
Note subjective : 4 / 10
29 août 2007
Le concile de pierre
Réalisateur : Guillaume Nicloux
Genre : Thriller fantastique
Résumé : Une jeune femme s'inquiète pour l'enfant, originaire de Mongolie, qu'elle a adopté voici quelques années, parce que ce dernier est la proie d'angoisses et de cauchemars et qu'une étrange marque apparaît sur son torse. Peu à peu elle découvre son passé et les menaces qui pèsent sur son destin.
Ce qui caractérise le film : L'idée de départ est intéressante mais la réalisation n'est pas assez inspirée.
Note artistique : Des images bien (trop ?) léchées.
Note filmographique : Nouvelle adaptation cinématographique d'un roman de Jean-Christophe Grangé (après "Les rivières pourpres" et "L'empire des loups"), "Le concile de pierre" bénéficie d'une mise en scène plus sobre que ses prédécesseurs mais ne s'avère guère plus convaincant au final.
Points forts : Le fond du scénario est intéressant (même s'il traîne quelques clichés inhérents au genre et qu'il n'est guère original). La présence de Monica Bellucci illumine l'écran.
Points faibles : La mise en scène est beaucoup trop molle aboutissant à un thriller sans surprise, sans action, sans suspense et sans véritable rebondissement.
Note subjective : 4 / 10
03 juillet 2007
Rosario
Réalisateur : Emilio Maille
Genre : Film de gangsters
Résumé : Dans une discothèque de Medellin, deux jeunes colombiens font la rencontre de Rosario, prostituée et tueur à gages. L’un après l’autre, ils en tombent amoureux. Mais pour Rosario, la vie n’a pas été et n’est toujours pas un long fleuve tranquille…
Ce qui caractérise le film : Une narration pas vraiment convaincante basée principalement sur une accumulation de flash-back.
Note artistique : Quelques beaux cadrages de Medellin et de ses environs. Une image bien léchée mais un manque de personnalité dans l'ensemble.
Note filmographique : C’est le premier long métrage de ce cinéaste.
Points forts : Le scénario recèle quelques bonnes idées.
Points faibles : Le film peine à démarrer. La mise en scène est parfois maladroite occasionnant d'inévitables longueurs.
Note subjective : 4 / 10
15 juin 2007
Slevin
Réalisateur : Paul McGuigan
Genre : Film de gangsters
Résumé : Un jeune homme en visite chez un ami est confondu avec ce dernier qui a disparu après avoir contracté une dette importante auprès de deux caïds de la pègre qu'oppose une vieille rivalité. En fâcheuse posture, il devient un pion que chacun des camps a l'intention d'utiliser contre l'autre.
Ce qui caractérise le film : Un scénario à suspense et une atmosphère assez singulière, sans aucune volonté de réalisme.
Note artistique : La mise en scène est sophistiquée mais les décors et les costumes sont particulièrement et uniformément laids (un choix très certainement volontaire).
Note filmographique : "Slevin" ressemble à un cocktail improbable et un peu indigeste de "Pulp fiction" et de "Usual suspects".
Points forts : Les personnages incarnés par Josh Hartnett et surtout Lucy Liu apportent une fraîcheur bienvenue au film.
Points faibles : En dépit d'une base intéressante, le scénario est exagérément alambiqué et les personnages sont caricaturaux.
Note subjective : 4 / 10
17 mars 2007
Seven Swords
Réalisateur : Tsui Hark
Genre : Film de sabre
Résumé : Pour faire appliquer une loi impériale qui interdit la pratique des arts martiaux, un chef militaire fait régner une implacable terreur de villages en villages. Une poignée d’aventuriers décide d’entrer en résistance et de mettre fin au massacre.
Ce qui caractérise le film : Un manque de souffle et de cohérence, la faute à un trop grand contraste entre des scènes ou des situations réussies et d’autres beaucoup plus mièvres.
Note artistique : La photographie est très inégale (tantôt magnifique et tantôt "téléfilm").
Note filmographique : En faisant ce film, Tsui Hark avait la double ambition de réaliser une grande fresque dans la lignée de "Les sept samouraïs" et de rappeler, après les succès internationaux de "Tigre & Dragon" et de "Hero", que le film de sabre était une spécialité de Hong Kong. Le résultat est décevant et "Seven swords" ne remplit pas ses promesses, restant en deçà des meilleures productions du réalisateur.
Points forts : Quelques scènes de combat spectaculaires, superbement chorégraphiées et très bien filmées.
Points faibles : Une histoire mal ficelée, des situations trop convenues, des dialogues très moyens, un manque de rythme, une musique en décalage avec l'action, une direction d'acteurs perfectible...
Note subjective : 4 / 10
10 mars 2007
Chaos
Réalisateur : Tony Giglio
Genre : Policier machiavélique
Résumé : A la suite d’un braquage de banque avec prise d’otage, un truand joue au jeu du chat et de la souris avec un inspecteur et son jeune équipier.
Ce qui caractérise le film : Un spectacle "pop corn" distrayant sans plus.
Note artistique : La réalisation est classique mais efficace avec quelques qualités formelles évidentes.
Note filmographique : Sans objet.
Points forts : De prime abord, l’intrigue est intéressante, louchant (avec une bien moindre ambition) sur celle de "Inside Man" (de Spike Lee) pour citer une référence récente.
Points faibles : La maîtrise scénaristique laisse à désirer. Le scénario est inutilement complexe et cette complexité nuit à la cohérence de l'histoire. Le réalisateur ne parvient pas à mettre en scène de façon convaincante cette "théorie du chaos" qui sert artificiellement de fil conducteur à l'intrigue. Il en résulte que, paradoxalement, le film en viendrait presque à mériter son titre. L'interprétation est inégale : Jason Statham est minéral, Wesley Snipes effacé, et seul le jeune Ryan Phillippe tire son épingle du jeu.
Note subjective : 4 / 10
23 février 2007
Arthur et les Minimoys
Réalisateur : Luc Besson
Genre : Aventures enfantines en 3D numérique, entre conte de fée et
conte social.
Résumé : Pour sauver sa grand-mère de l'expropriation, un gamin se
projette dans un monde miniature à la recherche d'un trésor.
Ce qui caractérise le film : Un film qui ne se prend pas (assez) au
sérieux, une forte impression de déjà vu.
Note artistique : Aucune originalité, mais bien fait techniquement
.
Note filmographique : Le film le plus insupportablement américain de
Luc Besson, évoquant parfois "le cinquième élément" sur le plan
esthétique ou humoristique.
Points forts : Les enfants semblent beaucoup apprécier.
Points faibles : Un grand copier/coller de choses déjà vues ailleurs.
Doublage français médiocre. Manque d'ambition. Quelques incohérences
"de taille".
Note subjective : 4 / 10
