09 mai 2008
Iron man
(Etats-Unis, sorti en 2008)
Réalisateur : Jon Favreau
Genre : Science fiction
Résumé : Un richissime ingénieur et industriel de l’armement est enlevé par un groupe terroriste alors qu’il effectuait la démonstration d’un missile en Afghanistan. Il parvient à leur échapper en concevant et fabriquant une armure volante pendant sa détention. De retour aux Etats-Unis il décide de stopper ses activités de marchand d’armes, au grand désarroi d’une partie de son entourage, et entreprend de travailler sur une version améliorée de son armure volante dans un but pacifique et humanitaire.
Impressions : Si on le compare à tous ceux qui l’ont précédé, "Iron man" est un film de super-héros véritablement singulier. C’est néanmoins une vraie réussite et peut être le meilleur film du genre depuis "Spiderman 2" de Sam Raimi. Cerise sur le gâteau : l’humour est omniprésent, sans que jamais le film ne verse dans la farce.
Scénario : La genèse de l’armure et du personnage d’Iron Man occupent la plus grande partie du film, l’action restant un peu en retrait. Cet aspect de l’histoire est abordé avec un soin rarement vu dans le genre et s’avère passionnant à tous les points de vue.
Personnages : Là encore le film se démarque par un personnage aux antipodes du super-héros habituel : un play-boy surdoué, capricieux et sûr de lui, l’anti Bruce Wayne par excellence. Même son revirement psychologique (son âme s’humanise à mesure qu’il bâtit sa carapace de technologie et de métal : tout un symbole !) ne parvient pas à entamer le côté fantasque et imprévisible du personnage.
Interprétation : Robert Downey Jr et Jeff Bridges sont tous les deux excellents et sont pour beaucoup dans l’intérêt du film.
Références cinématographiques : Très proche de "Batman" (de Tim Burton) dans son concept (le héros est un milliardaire et il ne doit sa force qu’à une technologie d’avant-garde et non à quelque super-pouvoir), "Iron man" a su s’en démarquer intelligemment par une approche originale.
Note subjective : 7 / 10
28 avril 2008
Le pacte des loups
(France, sorti en 2001)
Réalisateur : Christophe Gans
Genre : Thriller fantastico-historique
Résumé : Un chevalier naturaliste est dépêché par le roi en Gevaudan où sévit une bête sauvage qui ensanglante le pays. Accompagné d'un chasseur amérindien avec lequel il s'est lié d'amitié, il est chargé d'empailler l'animal une fois son élimination assurée par les troupes royales. Mais la traque s'avère bien plus étrange et difficile que prévu...
Impressions : L'un des principaux mérite de "Le pacte des loups" est d'être parvenu à composer avec une multiplicité de genres (historique, fantastique, thriller, arts martiaux) tout en conservant une belle cohérence. L'ambiance de la traque, mélange de crainte, de mystère et d'excitation, entretient l'intérêt de manière constante.
Scénario : Les péripéties ne manquent pas et le film parvient à brouiller les pistes, maintenant un certain suspense jusqu'à l'orée de sa conclusion. Néanmoins, le scénario n'est pas totalement convaincant, ladite conclusion étant un peu tirée par les cheveux et par là décevante.
Interprétation : L'interprétation est assez inégale.
Considérations artistiques : La photographie est magnifique et donne lieu à nombre de séquences superbes aux couleurs contrastées. Les décors et costumes sont élaborés et variés, possédant une identité esthétique forte, entre fantaisie (évoquant parfois la bande dessinée) et authenticité. La chorégraphie des combats est particulièrement soignée et la caméra fait honneur à la prestation physique toute en finesse de Marc Dacascos.
Références cinématographiques : Après un "Crying freeman" moyennement convaincant mais prometteur, Christophe Gans a réalisé avec "Le pacte des loups" l'un des meilleurs films de genre que le cinéma français ait produit. Autre(s) article(s) concernant le même cinéaste : "Silent hill".
Note subjective : 7 / 10
Shoot'em up
(Etats-Unis, sorti en 2007)
Réalisateur : Michael Davis II
Genre : Action
Résumé : Témoin d'une tentative d'assassinat contre une jeune femme enceinte, un marginal s'interpose et se retrouve malgré lui avec un nouveau né sur les bras. Il devient vite la cible d'une organisation criminelle prête à tout pour l'éliminer.
Impressions : Un film d'action "pop-corn" survolté, aux gunfights assez fun mais radicalement irréalistes.
Scénario : Le scénario, mal ficelé, n'est qu'un prétexte, comme c'est souvent le cas dans l'univers vidéoludique dont s'est inspiré à l'évidence le réalisateur. La preuve en est que le film glorifie volontairement ou involontairement dans la forme ce qu'il prétend dénoncer dans le fond, c'est à dire la vente libre, la prolifération et l'usage intensif des armes à feu.
Considérations artistiques : Sans révolutionner le genre, les gunfights et les cascades confèrent à l'action non-stop un caractère ludique parfois plaisant.
Mise en scène : Dans la forme, un certain détachement humoristique rend l'entreprise sinon sympathique du moins acceptable.
Références cinématographiques : Laissant au final une impression assez semblable à "Hyper tension" de Marc Neveldine, "Shoot'em up" évoque sur le plan formel le cinéma de John Woo dans ce qu'il a d'excessif.
Note subjective : 4 / 10
21 avril 2008
Raisons d'état
(Etats-Unis, sorti en 2007)
Réalisateur : Robert de Niro
Genre : Chronique dramatique
Résumé : Fruit d'une certaine élite de la nation américaine, un jeune et brillant étudiant accepte de servir son pays en intégrant les services américains de contre-espionnage basés à Londres pendant la seconde guerre mondiale. Après la guerre, il est sollicité pour fonder la CIA dont la mission est de contrecarrer l'influence du communisme dans le monde et en devient l'un des piliers. Des années plus tard, après l'échec cuisant du débarquement américain dans la Baie des Cochons, qui visait à déstabiliser la toute jeune révolution cubaine, il se retrouve sur la sellette et doit de toute urgence découvrir l'origine interne des fuites qui ont conduit au désastre.
Impressions : Un peu à la manière d'un roman de John Le Carré, "Raison d'état" porte un regard réaliste et dénoué de romantisme sur l'univers de l'espionnage qui corrompt la personnalité, gomme toute humanité et détruit les relations sociales. Au passage, il brosse le portrait d'une société américaine élitiste et impérialiste qui n'a d'égard que pour ses propres intérêts.
Scénario : Brassant plusieurs décennies, le scénario évoque le contexte social, international et politique qui a présidé à la constitution de la CIA, avec en perspective le destin personnel et familial d'un homme entièrement dévoué à sa fonction. Les deux aspects, public et privé, de l'histoire s'imbriquent très bien ensemble.
Interprétation : Si la distribution des seconds rôles ne mérite aucun reproche, c'est un peu moins vrai en ce qui concerne les premiers rôles, avec notamment un Matt Damon qui n'est pas toujours parfaitement crédible en fonctionnaire impitoyable et taciturne.
Mise en scène : Le montage est assez élaboré, alternant des séquences qui se déroulent à différentes époques et en différents lieux. Cependant le scénario reste à tout moment parfaitement lisible grâce un rythme posé et à une narration bien maîtrisée.
Références cinématographiques : Après une première œuvre plus personnelle ("Il était une fois le Bronx") qui était déjà une réussite, Robert de Niro confirme un vrai talent de cinéaste en maîtrisant avec succès un sujet très ambitieux.
Note subjective : 7 / 10
Christine
(Etats-Unis, sorti en 1984)
Réalisateur : John Carpenter
Genre : Fantastique
Résumé : Un lycéen effacé en mal de reconnaissance fait l'acquisition d'une vieille Plymouth Fury de 1958 à l'état d'épave. A force de courage et de volonté , il parvient à lui redonner son lustre d'antan et bientôt une étrange complicité s'installe entre l'homme et la voiture qui semble animée d'une vie propre.
Impressions : Un excellent film fantastique à l'ambiance très inquiétante. Certaines visions (comme Christine roulant en flammes dans la nuit) donnent véritablement le frisson.
Scénario : Le sujet est original et le cinéaste a su l'exploiter à merveille.
Personnages : La caméra de John Carpenter est parvenue à donner une âme à un objet qui en est normalement dépourvu : sous son regard, Christine devient une séductrice exclusive, jalouse et vindicative.
Considérations artistiques : Les effets spéciaux accompagnant les transformations de Christine sont toujours convaincants en dépit des années. Comme souvent, John Carpenter signe lui-même une bande originale qui s'inscrit parfaitement dans l'ambiance.
Mise en scène : Evitant les effets gore, John Carpenter s’est attaché avant tout à soigner l’atmosphère du film.
Références cinématographiques : "Christine" est souvent considéré comme l'un des films les moins personnels de John Carpenter. Il reste néanmoins l'un des meilleurs. Autre article concernant le même cinéaste : "New-York 1997".
Note subjective : 8 / 10
11 avril 2008
La zona
(Mexique, sorti en 2008)
Réalisateur : Rodrigo Pla
Genre : Drame d’anticipation
Résumé : La zona est un vaste quartier résidentiel privé où une population privilégiée vit recluse, protégée par de hauts murs, un système de vidéo-surveillance et une milice privée. Profitant d’une opportunité accidentelle, trois jeunes délinquants pénètrent dans l’enceinte pour commettre un cambriolage. Mais les choses tournent mal, laissant quatre victimes sur le carreau. Pour préserver leurs privilèges, les résidents décident à la majorité de dissimuler les faits à la police et de se faire justice eux-mêmes, entreprenant de traquer le dernier voyou encore en vie.
Impressions : Vision terrifiante et pessimiste d’un avenir possible (de telles zones de résidence privées et surveillées existent déjà, notamment aux Etats-Unis), "La zona " dénonce la dérive fascisante d’une société sécuritaire, mais également le pouvoir exorbitant et corrupteur de l’argent tout puissant.
Scénario : Le scénario est surprenant, faussement linéaire, prenant sans prévenir un virage à 180 degrés, tant et si bien que la conclusion de "La zona" tombe comme un coup de massue, terriblement émouvante (mes joues s’en souviennent…).
Personnages : Parmi la multitude de protagonistes égarés dans les sombres dédales de l’inhumanité, surnagent heureusement quelques personnages équilibrés qui laissent percer une lueur d’espoir sur le caractère non inéluctable de la bêtise, de la haine et des préjugés.
Critiques et récompenses : Le film a reçu le Lion du meilleur premier film au Festival de Venise.
Note subjective : 7 / 10
Il était une fois en Chine II
(Hong-Kong, sorti en 2000)
Réalisateur : Tsui Hark
Genre : Film d'arts martiaux
Résumé : En l’an 1895, la présence des comptoirs occidentaux en Chine influe de plus en plus sur le mode de vie des chinois, bousculant leurs traditions millénaires. Si certains veulent y voir une certaine forme de progrès et la promesse d'un enrichissement mutuel entre les deux civilisations, d'autres craignent une diminution de leur influence et s'y opposent farouchement. C’est dans ce contexte qu’apparaît la secte du lotus blanc, une organisation radicale, violente et xénophobe qui terrorise indifféremment l’envahisseur et la population locale. Un maître en arts martiaux décide alors de s’opposer à la menace sectaire.
Impressions : Un film d'aventures spectaculaire et très distrayant.
Scénario : Délivrant un message de tolérance et de respect des différences culturelles, le scénario est intelligemment ancré dans une réalité historique qui lui donne de la substance. Le ton est sensiblement plus dramatique que dans "Il était une fois en Chine".
Personnages : Les personnages, déjà présents dans le premier épisode, gagnent en nuances et en maturité, partagés entre modernisme et tradition jusque dans l'expression de leurs sentiments.
Considérations artistiques : La chorégraphie des combats, magnifique, est un modèle du genre.
Mise en scène : La qualité et la variété des cadrages donnent beaucoup de relief à la mise en scène.
Références cinématographiques : Plus ambitieuse sur de nombreux points, cette suite surpasse le premier volet, déjà bien plaisant. Autre article concernant le même cinéaste : "Seven swords".
Note subjective : 7 / 10
07 avril 2008
La cité interdite
(Chine, sorti en 2007)
Réalisateur : Zhang Yimou
Genre : Tragédie
Résumé : A l'abri de la Cité Interdite, régie par un protocole incontournable et étouffant, l'empereur de Chine contrôle ses sujets d'une main de fer, en particulier ses deux fils nés d'un premier mariage et sa seconde épouse. En proie à d'étranges malaises, l'impératrice soupçonne son époux de l'empoisonner à petit feu et fomente un complot pour renverser le tyran et prendre le pouvoir.
Impressions : Plus qu'un simple divertissement spectaculaire, "La cité interdite" évoque de façon terrifiante un pouvoir tyrannique absolu capable d'annihiler toute humanité en celui qui le détient et de broyer sans pitié toute existence pouvant lui faire obstacle. Le drame a ici la force d'une tragédie antique.
Scénario : La dimension politique de l'intrigue écrase les histoires et personnages secondaires et l'on a du mal à s'intéresser à ceux-ci. La séquence qui se déroule en dehors de la Cité Interdite est sans doute la moins intéressante du film.
Personnages : Jusqu'à son terme, le bras de fer qui oppose l'impératrice à l'empereur est passionnant. Le film dépeint avec habileté la personnalité de chacun des membres de la famille impériale, sclérosée par les conventions et traditions d'une cage dorée. Au delà des privilèges et de la magnificence, le sort des puissants n'est en définitive guère plus enviable que celui du plus humble de leurs serviteurs.
Considérations artistiques : Les décors et costumes sont d'un kitsch absolu mais l'esthétique du film est véritablement cohérente, grandiose et somptueuse.
Mise en scène : La scène de bataille finale est magnifique et impressionnante.
Références cinématographiques : Dans l’œuvre récente du cinéaste, inspirée par le genre du film de sabre et d'arts martiaux, "La cité interdite" se situe davantage dans la lignée de "Hero" que de celle de "Le secret des poignards volants", moins créatif que le premier mais plus profond que le second.
Note subjective : 7 / 10
31 mars 2008
Beaufort
(Israël, sorti en 2008)
Réalisateur : Joseph Cedar
Genre : Film de guerre
Résumé : Retranché dans un fort du sud Liban datant de l'époque des croisades, une petite garnison de l'armée israélienne attend le signal de la retraite. Sous le feu parfois meurtrier d'un Hezbollah invisible (il n'y a aucune scène de combat), la petite garnison de Beaufort est partagée entre l'ennui d'un quotidien routinier et la peur d'un danger permanent et palpable. Les hommes ne rêvent pas d'exploits guerriers mais dialoguent et se serrent moralement les coudes, pleurant les victimes d'une stratégie purement politique en espérant le retour prochain à une vie civile ordinaire.
Impressions : L'ambition de "Beaufort" est clairement de démontrer que l'être humain, quelles que soient ses convictions et sa force de caractère, n'est aucunement fait pour la guerre. L’unité de lieu, la distance physique de l’ennemi, le manque de repères temporels, le peu d’information provenant du monde extérieur et l’absence de parti pris idéologique contribuent à instaurer une ambiance factuelle, singulière et immersive.
Personnages : La principale réussite de "Beaufort" réside dans le regard sensible et non manichéen porté sur des soldats qui affrontent les événements avec leurs forces et leurs faiblesses et auxquels on s’identifie facilement. C’est particulièrement le cas du jeune officier qui commande la garnison, porté et écrasé par des responsabilités qu’il assume pourtant avec un remarquable sang froid.
Considérations artistiques : La photographie est belle en ce sens qu'elle est bien adaptée au sujet. La colorimétrie est terne, l'image granuleuse et l'exposition parfois très contrastée.
Mise en scène : Les cadrages sont réussis, le plus souvent serrés sur les visages (un peu trop systématiquement peut-être), sachant exploiter de temps en temps les perspectives d'un décor qui évoque les tranchées de 14-18 ou les coursives d'un sous-marin.
Note subjective : 7 / 10
24 mars 2008
Infernal affairs 3
(Hong-Kong, sorti en 2003)
Réalisateur : Andrew Lau et Alan Mak
Genre : Policier
Résumé : Blanchi à l'issue d'une enquête sur le meurtre d'un flic dont il fut le principal témoin, un policier ex-agent de la mafia réintègre le service actif après une longue période de mise à l'écart. Bien vite il soupçonne un de ses collègues aux méthodes brutales d'être lui aussi une taupe et craint d'être démasqué. Renouant avec les fantômes du passé, il sombre peu à peu dans la schizophrénie et la paranoïa.
Impressions : L'ambiance est tendue jusqu'à verser dans la paranoïa, mais cette suite, trop alambiquée, piétine.
Scénario : Trop ambitieux, le scénario est brouillon et peu intéressant, voulant à tout prix développer une nouvelle histoire (toujours dans la même veine) tout en cultivant un lien fort avec les opus précédents auxquels il prétend apporter une nouvelle substance. De plus, le film peine à conclure au travers d'un épilogue qui n'en finit pas.
Personnages : "Infernal affairs 3" se penche plus que jamais sur la psychologie des personnages, explorant les voies de la culpabilité et des troubles de la personnalité. Mais les nouveaux personnages sont peu intéressants comparés à ceux que l'on a croisé dans les épisodes précédents et les connexions entre eux sont trop artificielles.
Mise en scène : Le montage est complexe renvoyant sans cesse aux deux opus précédents ou à d'autres événements passés. C'est parfois difficile à suivre.
Références cinématographiques : Dans la trilogie des "Infernal affairs", ce 3ème volet est sans conteste le moins intéressant. Autre article concernant les mêmes cinéastes : "Infernal affairs 2".
Note subjective : 4 / 10
